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Rébellion du Kwilu en 1964 : Pierre Mulele et une révolution paysanne avortée

En 1964, une rébellion paysanne menée par Pierre Mulele a secoué le Kwilu. Retour sur un épisode d'histoire congolaise documenté par les chercheurs.

Rébellion du Kwilu en 1964 : Pierre Mulele et une révolution paysanne avortée

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La rébellion du Kwilu éclate en 1964 et défie le gouvernement central du Congo. À sa tête, Pierre Mulele, ancien ministre de Patrice Lumumba. Plus de soixante ans après, ce soulèvement reste un épisode étudié par les chercheurs et une page marquante de l’histoire de la province.

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Une rébellion née dans le Kwilu

Selon le Musée royal de l’Afrique centrale, la rébellion de 1964-1965 a commencé dans le Kwilu. Elle est présentée comme un soulèvement de masse contre le gouvernement central, dirigé par Pierre Mulele, qui avait été l’un des ministres de Patrice Lumumba.

Le musée la distingue d’un autre soulèvement, la rébellion simba, lancée dans l’est du pays et qui a pris Stanleyville. Ce sont deux mouvements différents, qui se sont déroulés en même temps.

De jeunes maquisards face à l’armée

L’universitaire Claude E. Welch Jr. a consacré à cet épisode un article dans la revue African Studies Review, en 1975. Il y décrit une « révolution rurale avortée ». Selon lui, pendant une grande partie de l’année 1964, de jeunes maquisards ont tenu dans le Kwilu une zone proche de la superficie de la Belgique.

Ce succès initial, analyse Welch, montre trois choses : une frustration politique et sociale très répandue, un soutien populaire à un changement violent et profond, et les faiblesses des forces armées nationales de l’époque.

Une idéologie mêlant traditions locales et marxisme

Pour mobiliser ses combattants, le mouvement s’est appuyé sur une idéologie qui mélait des idées indigènes et des idées marxistes, d’après le même auteur. La question centrale de son travail est de comprendre comment les partisans de Mulele ont obtenu un tel soutien populaire et de tels succès militaires au départ.

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Welch rappelle aussi le parcours de Pierre Mulele : bref passage au gouvernement sous Lumumba, puis rôle officiel dans le gouvernement sécessionniste de Gizenga, avant de partir en exil une fois le soulèvement réprimé.

Une défaite militaire

Le soulèvement n’a été vaincu, selon Welch, qu’après une réorganisation majeure de l’armée congolaise, qui a notamment fait appel à des mercenaires étrangers. Autrement dit, le mouvement n’a pas été balayé d’emblée : il a fallu transformer l’outil militaire de l’État pour en venir à bout.

Pourquoi cette histoire compte pour le Kwilu

Pour les habitants du Kwilu comme pour les lecteurs congolais, ce chapitre rappelle que la province a été, dès les premières années de l’indépendance, le théâtre d’un soulèvement qui a défié le pouvoir central.

Welch voit dans cette révolte un cas rare, qui aide à comprendre pourquoi les grands bouleversements politiques ont été peu fréquents en Afrique subsaharienne. Pour les Congolais, c’est surtout une page d’histoire à connaître, avec ses causes et ses conséquences, plutôt qu’un slogan.

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La Rédaction CongoActu

La Rédaction de CongoActu suit l'actualité politique, économique et sociale de la République démocratique du Congo depuis Kinshasa. Elle publie 7j/7 des informations vérifiées et recoupées à destination des lecteurs en RDC et de la diaspora.

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