Kwango : routes, aérodrome et électricité, la lettre ouverte d’un notable à la Première ministre
Un notable du Kwango interpelle la Première ministre sur les routes, l'aérodrome et l'électricité de la province. Le ministère avait annoncé en décembre 2025 plusieurs projets énergétiques pour le Kwango.

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Dans une lettre ouverte datée du 4 octobre 2026, un notable originaire du Kwango, Cox Kokow Muyangi, interpelle la Première ministre Judith Suminwa sur l’état des routes, l’absence d’aérodrome fonctionnel et le manque d’électricité dans la province. La lettre a été reprise le 8 octobre par allAfrica, à partir d’un article de La Prospérité. Le ministère en charge de l’hydroélectricité avait de son côté présenté, en décembre 2025, plusieurs projets pour le Kwango.
Ce que dit la lettre
Cox Kokow Muyangi salue d’abord le bon état de la route Kinshasa-Kenge. Au-delà de Kenge, déplore-t-il, il n’existe pas de route digne de ce nom vers Kahemba, Feshi, Kasongo-Lunda et Popokabaka. Il décrit le Kwango comme « une province coupée de son propre développement ».
Il relève que la province n’a pas d’aérodrome fonctionnel et demande comment l’État pourrait intervenir vite en cas d’insécurité, d’épidémie ou de catastrophe. Sur l’électricité, il affirme que Kenge est dans le noir alors que le courant arrive à Bukanga-Lonzo, à une cinquantaine de kilomètres, et que « nos mères accouchent encore à la lumière des lampes à huile ».
Selon lui, le Kwango se trouve à environ 200 kilomètres de Kinshasa, mais « à 2.000 kilomètres » du gouvernement dans les faits. Le texte évoque une province de près de 89.000 kilomètres carrés.
Quatre demandes au gouvernement
La lettre formule quatre demandes : réhabiliter et construire des routes entre les territoires, rénover l’aérodrome de Kenge pour permettre des interventions d’urgence, prolonger l’électricité de Bukanga-Lonzo jusqu’à Kenge, et assurer une représentation réelle du Kwango dans les institutions nationales. Ces constats et ces demandes sont ceux de leur auteur ; l’article de La Prospérité ne rapporte pas de réponse du gouvernement.
Ce que le ministère avait annoncé en décembre 2025
Sur l’électricité, le sujet n’est pas nouveau. Selon Bankable, qui rapporte une publication du ministère sur le réseau social X, le ministre Aimé Sakombi Molendo a présenté en décembre 2025 des projets pour le Kwango. Parmi eux : une centrale hydroélectrique de 63 mégawatts à Mafiji, dont les études techniques seraient en cours, et une petite centrale de 3 à 5 mégawatts à Kingambo pour alimenter le territoire de Feshi.
Le ministre a aussi cité l’alimentation de Kenge depuis le poste de Bukangalonzo, des mini-centrales solaires de 300 kilowatts-crête à Popokabaka et à Kasongo-Lunda, et une mini-centrale solaire de 500 kilowatts-crête pour l’hôpital général de Kenge, soutenue par l’agence coréenne KOICA, avec des travaux annoncés pour début 2026.
Pour Kasongo-Lunda, le chantier mené par l’ANSER serait avancé à 90 % selon le ministère. Des médias locaux, cités par Bankable, affirment toutefois que les travaux sont à l’arrêt depuis des mois et que les habitants ont manifesté le 1er décembre.
Ce que cela change pour le Kwango
Entre la lettre d’octobre 2026 et les annonces de décembre 2025, le débat est le même : l’accès à l’électricité et aux routes conditionne la santé, l’école et l’activité économique de la province. Pour les habitants de Kenge, la liaison depuis Bukanga-Lonzo est la mesure la plus concrète attendue.
Dans une province où les enseignants de Kahemba ont eux-mêmes dû faire grève pendant trois semaines au printemps 2026 pour obtenir le paiement d’arriérés de salaire, selon MCP, les attentes envers l’État restent élevées. Le suivi des annonces, projet par projet, dira si les promesses de décembre deviennent des réalités sur le terrain.




