Kinshasa, première ville francophone du monde : ce que cela change pour les Kinois
Kinshasa est devenue la plus grande ville francophone du monde, devant Paris, selon le classement Demographia de 2022. Ce que dit ce classement, ses limites, et ce qu'il peut changer pour les Kinois.

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Kinshasa est la plus grande ville francophone du monde, selon le rapport Demographia World Urban Areas. Ce rapport, repris par Presse-citron en février 2023 à partir d’un article du Figaro d’août 2022, indique que l’agglomération de Kinshasa comptait 12,83 millions d’habitants en 2022, contre 11,06 millions pour Paris. Afrik.com arrondissait le chiffre à « près de 13 millions » dans un article du 20 août 2022.
Pour la capitale congolaise, le symbole est fort. Mais ce classement se lit avec quelques précautions : voici ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas, et ce qu’il peut changer pour les Kinois.
Comment ce classement est établi
Demographia mesure ce qu’elle appelle la « zone urbaine bâtie » : l’ensemble des quartiers construits d’un seul tenant, sans tenir compte des limites administratives. Ce n’est donc pas un recensement officiel, mais une estimation de la population qui vit dans la ville construite.
Sur cette base, Presse-citron indique que Kinshasa devance Paris depuis 2016. Les chiffres cités datent de 2022 : ils donnent une photographie à un instant précis, pas la situation d’aujourd’hui.
La francophonie se joue de plus en plus en Afrique
Kinshasa n’est pas un cas isolé. D’après l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), citée par Presse-citron, le monde compte environ 321 millions de francophones, et 80 % d’entre eux seront africains en 2050. Afrik.com souligne que la francophonie progresse surtout dans les villes africaines, portées par leur croissance rapide.
Selon Afrik.com, le français est la cinquième langue la plus parlée au monde et la langue officielle de 29 pays. Le centre de gravité de cette langue se déplace ainsi vers le sud, et des villes comme Kinshasa y pèsent de plus en plus.
Une comparaison à manier avec nuance
Paris est comptée avec ses banlieues, soit 11 millions d’habitants selon Afrik.com. La comparaison porte donc sur deux agglomérations, pas sur deux communes.
Les deux médias citent aussi un même taux de 51 %, attribué à l’OIF. Afrik.com l’applique aux habitants de Kinshasa ; Presse-citron l’applique aux habitants de toute la RDC qui parlent français au quotidien. Cet écart de périmètre invite à la prudence : Kinshasa est très peuplée, mais la part exacte de francophones dans la capitale mérite d’être précisée par des données plus récentes.
Ce que cela change pour les Kinois
Au quotidien, ce titre ne change ni les transports, ni l’accès à l’eau, ni l’électricité. Il donne en revanche un argument de visibilité : une ville de cette taille pèse dans les discussions sur la langue, l’éducation et la culture au sein de la Francophonie.
Il pose aussi une question d’échelle. Près de 13 millions d’habitants, selon les estimations de 2022, ce sont autant de besoins en écoles, en hôpitaux, en routes et en logements. Le classement mesure la taille d’une ville, pas la qualité de vie de ceux qui y habitent.
Pour les Kinois, l’enjeu est donc double : faire valoir ce poids démographique là où se décident les politiques de la langue française, et obtenir que la plus grande ville francophone du monde soit aussi une ville où l’on vit bien.
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