Kolwezi : deux jours de manifestations de creuseurs artisanaux, un poste de police incendié, le calme revient peu à peu
Lundi et mardi, des creuseurs artisanaux en colère ont paralysé plusieurs quartiers de Kolwezi, dans le Lualaba. Commerces pillés, routes barricadées, poste de police incendié : le calme est revenu progressivement mercredi, selon Radio Okapi, mais la question des zones artisanales reste…

Pendant deux jours, Kolwezi, ville minière du Lualaba, a vécu au rythme des barricades et des pneus brûlés. Des creuseurs artisanaux ont manifesté dans plusieurs quartiers, notamment à Luilu et Kasulo, paralysant l’activité socio-économique, selon Actualite.cd et Congo Quotidien.
Les dégâts sont importants : commerces pillés, véhicules vandalisés, routes bloquées, écoles perturbées. Radio Okapi et Congo Quotidien rapportent qu’un poste de police a été saccagé puis incendié, ce qui a permis à des détenus de s’évader. Actualite.cd et Enquete.cd signalent des coups de feu jusqu’au centre-ville et des heurts avec les forces de sécurité à l’entrée de Kamoto Copper Company (KCC).
À l’origine de la colère, une opération de contrôle menée par une commission interservices venue de Kinshasa dans les centres de traitement et les comptoirs d’achat de minerais. Les creuseurs dénoncent la fermeture de certaines structures qui, disent-ils, freine l’écoulement de leur production et donc leurs revenus. Ils réclament aussi la mise en œuvre effective des 33 zones d’exploitation artisanale annoncées par le gouvernement et contestent la reprise de certains sites, notamment à Kamilombe.
Les autorités appellent au calme. La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a affirmé, selon Radio Okapi, qu’« aucune usine de traitement n’est fermée ». Un membre de la commission assure que la mission vise à « assainir l’environnement minier » et non à suspendre les activités. Selon Congo Quotidien, la gouverneure a aussi évoqué la mise à disposition d’une zone artisanale pour les creuseurs de Luilu, sans calendrier précis pour son aménagement.
Le bilan humain reste incertain. Plusieurs blessés ont été signalés, et la Nouvelle société civile congolaise évoque des morts parmi les creuseurs sans donner de chiffre. Les autorités ne l’ont pas confirmé et aucun bilan officiel n’est disponible à ce stade.
Mercredi 21 octobre, le calme est revenu progressivement dans plusieurs quartiers, selon Radio Okapi, même si un autre média évoque des manifestations sur trois jours. La situation reste à suivre, d’autant que les zones artisanales annoncées n’ont pas encore de calendrier clair.
Comment permettre aux creuseurs de gagner leur vie tout en assainissant le secteur minier ? Dites-nous ce que vous en pensez en commentaire.


