Fils Mukoko : sa vidéo sur les armes lui vaut suspension, embargo médiatique de 88 jours et enquête
Dans une vidéo devenue virale, le cadre de l’UDPS Fils Mukoko annonçait, selon Actualite.cd, une distribution d’armes à des jeunes et visait des Occidentaux à Kinshasa. Il a été suspendu de ses fonctions, frappé d’un embargo médiatique de 88 jours par le…

Treillis militaire, chapeau de cow-boy et ton martial : la vidéo de Fils Benoît Mukoko a fait le tour des réseaux sociaux congolais. Cadre de l’UDPS et directeur général adjoint de la RASKIN, la Régie d’assainissement de Kinshasa, il y annonce une distribution d’armes, jusque dans les terrains de football, les églises et les universités, selon Actualite.cd.
Dans la même séquence, il affirme que les Occidentaux présents à Kinshasa auraient du mal à quitter la ville et annonce un « méga sit-in » devant l’ambassade de Belgique, toujours selon Actualite.cd. Les réactions institutionnelles n’ont pas tardé.
Mercredi 21 octobre, à l’ouverture de la plénière, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a dénoncé des propos d’une « violence inouïe » et « contraires à la loi ». Il a rappelé l’article 190 de la Constitution, qui interdit aux civils de porter des armes de guerre, ainsi que l’obligation de la RDC de protéger les missions diplomatiques en vertu de la Convention de Vienne.
Côté gouvernement, le porte-parole Patrick Muyaya a affirmé que ces déclarations n’engageaient ni l’exécutif ni aucune institution, annoncé la saisine du CSAC et de l’hôtel de ville de Kinshasa, et assuré que des mesures de sécurité étaient prises autour des représentations diplomatiques, rapporte Congo Quotidien.
Les mesures se sont enchaînées. Fils Mukoko a été suspendu de ses fonctions de directeur général a.i. de la RASKIN, selon Actualite.cd. Le ministre de la Justice a ordonné une enquête et le CSAC lui a infligé un embargo médiatique de 88 jours, avec convocation à la clé. L’UDPS a pris ses distances avec ses propos et réaffirmé son attachement à la non-violence. À ce stade, aucune décision de justice n’a été rendue : l’intéressé bénéficie de la présomption d’innocence et l’enquête vient de commencer.
Cette affaire intervient sur fond de tensions entre Kinshasa et Bruxelles. Actualite.cd rapportait le 16 octobre qu’une note de la présidence interdisait à des membres de cabinet tout contact avec l’ambassade de Belgique, sans en préciser les raisons. L’épisode rappelle aussi que quelques phrases lancées devant une caméra peuvent provoquer de vives réactions en quelques heures.
Faut-il des sanctions plus lourdes contre les discours qui banalisent les armes, ou la réaction des institutions est-elle déjà à la hauteur ? Donnez votre avis en commentaire.
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