Kabila lance le FRN depuis Goma : ce que l’on sait du nouveau mouvement qui bouscule la RDC
Lundi 12 octobre 2026, Joseph Kabila a annoncé à Goma la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire qui succède à l’alliance AFC/M23. Réactions, analyses et zones d’ombre : l’essentiel à retenir.

Lundi 12 octobre 2026, lors d’une conférence de presse tenue à Goma, l’ancien président Joseph Kabila a lancé le Front pour la refondation de la nation (FRN), selon l’Associated Press et l’agence Anadolu. Le mouvement est présenté comme une coalition politique et militaire qui réunit des opposants au gouvernement, dont les rebelles du M23.
Le FRN prend la suite de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Joseph Kabila en est le président et Corneille Nangaa figure parmi les vice-présidents. L’annonce a été présentée par le conseiller Claude Ibalanky, pour qui la coalition veut « fédérer et coordonner toutes les forces de résistance ».
La conférence s’est tenue à la résidence de Joseph Kabila à Goma, ville contrôlée par le M23. Selon Mediacongo, l’ancien président avait été condamné à mort par contumace en septembre 2025 par une juridiction militaire, qui le désignait comme le véritable chef de l’AFC/M23. Son camp avait qualifié ce procès de « comédie ».
Le gouvernement de Félix Tshisekedi n’avait pas réagi dans l’immédiat, indique l’AP. D’autres voix ont, elles, pris leurs distances. Le Mouvement libéral de Thomas Luhaka dit rejeter tout lien avec le FRN, tandis qu’Alternative 2028 condamne le mouvement et met en garde contre toute confiscation du pouvoir. Au Tshopo, le gouverneur Lendongolia a tenté de rassurer la population, selon Beto.
Les analystes sont partagés sur la portée de l’annonce. Pour Silas Makangu, le FRN pourrait donner une légitimité à la rébellion et s’appuyer sur des réseaux proches de Joseph Kabila dans l’armée. Christian Moleka estime au contraire qu’il conforte le récit du pouvoir, selon lequel l’ancien président était derrière les rebelles. Il s’attend à des combats au Sud-Kivu, près d’Uvira, voire au Katanga, mais juge une marche sur Kinshasa improbable.
L’annonce intervient dans un climat politique tendu : la majorité pousse une révision constitutionnelle qui nourrit les spéculations sur un troisième mandat du président Tshisekedi, ce que l’opposition dénonce comme une manœuvre politique. Quant au processus de Doha, on ignore encore si le FRN respectera le cessez-le-feu signé par le M23.
Le 13 octobre, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’envoyé spécial Huang Xia a d’ailleurs déploré qu’« un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser » dans l’Est du pays.
Le FRN est-il un tournant ou un simple rebondissement de plus dans la crise de l’Est ? Quel impact pour la paix et pour votre quotidien ? Dites-nous ce que vous en pensez en commentaire.
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