Mongala : à Bumba, le port et le riz au centre des grands projets
À Bumba, la modernisation du port fluvial et la relance de la filière riz concentrent les annonces du gouvernement pour la Mongala. Aucun chantier n'est achevé, mais ils dessinent ce que la province attend : des routes, un fleuve utilisable et des…

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Dans la Mongala, deux chantiers concentrent les annonces du gouvernement : la modernisation du port fluvial de Bumba et la relance de la filière riz. Aucun n’est terminé, mais ils disent ce que la province attend : un fleuve utilisable, des routes en état et des débouchés pour ses producteurs.
Un port dont les grues sont à l’arrêt depuis 1992
Selon l’ACP, la Première ministre Judith Suminwa a lancé début février 2026 les travaux de modernisation du port de Bumba, d’après un communiqué de la Primature. Le port mesure 410 mètres de long sur 110 de large. Ses deux grues, installées en 1955, sont à l’arrêt depuis 1992. Elles doivent être remplacées par des équipements modernes capables de servir une dizaine de bateaux à la fois.
Toujours d’après l’ACP, ce projet est financé dans le cadre d’une coopération sino-congolaise. Radio Okapi précise que la Première ministre avait promis cette modernisation lors de sa visite dans la province, après des engagements similaires à Lisala et à Bongandanga.
Érosion et routes : les travaux annexes
Le port ne se résume pas aux quais. L’ACP fait état de travaux de lutte contre l’érosion sur 200 kilomètres le long du fleuve, exécutés par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Ils doivent protéger les habitations riveraines, des bâtiments administratifs et des installations de la Banque centrale. Radio Okapi indique que ces travaux antiérosifs doivent commencer après l’indemnisation des familles installées en zone à risque.
S’ajoutent des travaux de voirie : l’ACP évoque 5,44 kilomètres d’assainissement, de bétonnage et de pavage, sur l’axe aéroport-port, la route de Mbandaka, celle de Manga et l’avenue Bumba-Mwaso, avec un délai de 10 à 20 mois. Selon l’agence, ces routes sont financées sur les ressources propres de l’État. Radio Okapi mentionne en outre la réhabilitation de six ponts.
Un précédent qui invite à la prudence
Ce n’est pas la première annonce pour Bumba. Selon le site économique Bankable, un plan de modernisation annoncé en 2019 prévoyait la réhabilitation du quai et la reconstruction de cinq entrepôts, mais il ne s’est jamais concrétisé. Le même site rappelle que le port est relié à la ligne ferroviaire Vicicongo, entre Bumba et Isiro, utilisée pour acheminer café et riz vers le fleuve. C’est ce lien entre rail, port et fleuve qui fait l’enjeu du chantier.
Le riz de Bumba : un objectif à cinq ans
Le second dossier concerne la production agricole. Radio Okapi présente le projet « Riz Bumba, Loso na Biso », porté par le ministère de l’Économie nationale et le Fonds de régulation économique (FOREC), et mis en œuvre par la Société rizicole de Bumba, filiale de Plantations et Huileries du Congo. Il court de 2026 à 2030.
Les objectifs affichés sont de soutenir environ 30 000 producteurs partenaires, de créer sept unités de transformation et d’atteindre 250 000 tonnes de riz en 2030, selon Radio Okapi. Ce sont des cibles, pas une production constatée. Le lancement officiel a eu lieu le 16 juillet 2026, d’après l’ACP, en présence du vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko. Krysten Lieke, conseillère du ministre, a déclaré à l’agence que la relance vise à réduire la dépendance du pays aux importations de riz et à augmenter les revenus des producteurs locaux.
Ce que cela change pour la Mongala
Pour un producteur de la Mongala, la question est simple : où vendre et comment transporter. Un riz produit en plus grande quantité n’a de valeur que s’il peut être évacué à un coût raisonnable vers le fleuve, puis vers les centres de consommation. Le port, les routes de Bumba et la ligne Vicicongo répondent à cette logique.
Les chiffres à suivre sont connus : un délai de 10 à 20 mois pour les travaux de voirie annoncés par l’ACP, un horizon 2030 pour le programme rizicole. C’est à l’aune de ces échéances que les habitants de Bumba pourront juger si les engagements pris en 2026 sont tenus.
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