Makala : 16 155 détenus pour 1 500 places, le gouvernement ferme la porte aux nouveaux prisonniers
Une circulaire du ministre de la Justice, parvenue à Radio Okapi le jeudi 22 octobre, suspend l'admission de tout nouveau détenu à la prison centrale de Makala, sauf dérogation judiciaire exceptionnelle. L'établissement, prévu pour 1 500 places, compte au moins 16 155…

C’est un chiffre qui donne le vertige. À la prison centrale de Makala, à Kinshasa, on dénombre au moins 16 155 personnes privées de liberté pour une capacité initiale de 1 500 places, soit près de onze fois plus que prévu. Face à cette situation, le ministre de la Justice a décidé de fermer la porte aux nouveaux arrivants.
Selon une circulaire dont Radio Okapi a eu connaissance le jeudi 22 octobre 2026, aucun nouveau détenu ne peut désormais être admis à Makala, sauf « dérogation exceptionnelle d’ordre judiciaire ». Le texte est adressé aux parquets et aux juridictions de Kinshasa. La mesure s’appuie sur la loi du 15 juin 2023 relative au régime pénitentiaire et à la protection des droits des personnes détenues.
Toujours selon Radio Okapi, la décision est présentée comme temporaire et conservatoire. Elle répond, d’après la circulaire, à des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires, et vise à freiner la dégradation des conditions de détention. Parmi les personnes recensées figurent 303 femmes et 201 mineurs en conflit avec la loi.
Le gouvernement annonce en parallèle sa volonté d’accélérer l’apurement judiciaire, les libérations conditionnelles et les transfèrements vers d’autres centres de détention.
Le problème n’est pas nouveau. Selon Actualite.cd, lors d’une visite à Makala le 15 octobre, le ministre d’État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a lancé aux détenus : « vous étiez 8 000. Aujourd’hui, vous êtes 16 000 ». Il a aussi pointé un décalage budgétaire : « on nourrit 16 000 personnes avec un budget prévu pour moins de 5 000 ».
Ce n’est pas non plus la première fois que les portes se ferment. En février 2026, une mesure du même type avait déjà interdit temporairement toute nouvelle admission pour contenir une épidémie de choléra, qui avait fait cinq morts dans la prison, selon Radio Okapi relayé par AllAfrica.
Reste une question concrète que les informations disponibles ne détaillent pas : où iront les personnes arrêtées à Kinshasa pendant cette suspension ? Fermer la porte suffira-t-il à désengorger Makala, ou faut-il d’abord que la justice accélère ? Dites-nous ce que vous en pensez en commentaire.


