Lomami : l’état des routes au cœur du débat à l’Assemblée provinciale
Le 11 mai 2026, les députés du Lomami ont interrogé le ministre provincial des Infrastructures sur l'état des routes. Ce que le ministre a dit, ce que réclame un élu, et ce que les chantiers passés enseignent.

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Dans le Lomami, la question des routes revient sans cesse dans le débat public. Le 11 mai 2026, elle a occupé les députés provinciaux, qui ont interrogé le ministre provincial des Infrastructures sur l’état du réseau et sur la lenteur des chantiers.
Une séance à l’Assemblée provinciale
Selon MediaCongo, les élus ont examiné ce lundi-là une question orale avec débat adressée au ministre provincial des Infrastructures et Travaux publics, Jean Anatole Tshibangu Kabamba. Elle avait été posée par le député provincial Antoine Milanda Fuamba Lambalamba. Elle portait sur la dégradation des routes, le désenclavement des territoires de Kabinda, Lubao, Kamiji, Ngandajika et Luilu, ainsi que l’état des voies dans les villes de Kabinda et de Mwene-Ditu.
Les chiffres donnés par le ministre
Le ministre a indiqué que la province compte environ 1 640 kilomètres de routes provinciales, dont 40 kilomètres seulement sont revêtus. Toujours selon lui, plus de 80 % des routes en terre sont en mauvais état. Ces chiffres sont ceux du gouvernement provincial, tels que rapportés par MediaCongo.
Le principal obstacle cité est le manque de moyens financiers, qui laisse à l’arrêt plusieurs projets de routes provinciales et secondaires ainsi que des ouvrages antiérosifs. Pour les routes nationales RN1 et RN2, le ministre a évoqué des travaux confiés à des entreprises dont CREC 6, CREC 7 et CJIC, ralentis par des difficultés techniques, logistiques et climatiques. Des financements ont été annoncés pour certains travaux antiérosifs à Kabinda, notamment au site des Sœurs Filles de Marie.
Un député qui réclame une enquête
L’auteur de la question s’est dit non satisfait des réponses. Il s’appuie sur l’article 178 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale pour demander une commission d’enquête parlementaire sur le suivi des routes et la gestion des projets. À ce stade, il s’agit d’une demande d’un élu, et non d’une décision de l’Assemblée.
Des chantiers déjà vus à Kabinda et sur la RN1
Le problème n’est pas nouveau. En avril 2025, Actualite.cd rapportait le lancement de la réhabilitation de la voirie urbaine de Kabinda par le gouverneur Iron-Van Kalombo Musoko. Les travaux, confiés à l’Office des voiries et drainages, commençaient par l’avenue Kabambare, avec plus de deux kilomètres de bourbiers à remettre en état et une durée annoncée d’environ 20 jours. Le lancement faisait suite à la pression de la société civile et de certains élus. Des habitants cités par le média se montraient prudents : « Nous ne voulons pas que ça soit de la poudre aux yeux ».
À la même période, allAfrica relayait la mise en service d’un nouveau pont à Lubilanji 2, d’une capacité de 45 tonnes, sur la RN1 entre Kamina et Mwene-Ditu. Les travaux avaient duré environ 28 jours, selon le directeur provincial de l’Office des routes, Bravo Ngoy. Plus de vingt véhicules chargés de marchandises du Haut-Katanga, bloqués depuis deux mois, pouvaient enfin rejoindre Mwene-Ditu et Mbuji-Mayi.
Ce que cela change pour les habitants
Une route coupée ou impraticable ralentit l’acheminement des vivres, des produits manufacturés et des récoltes. Le cas du pont de Lubilanji 2 l’illustre : selon allAfrica, des véhicules de marchandises étaient restés bloqués pendant deux mois. Pour le Lomami, l’enjeu des prochains mois est de savoir si les financements annoncés se traduiront en chantiers menés jusqu’au bout, et si l’Assemblée provinciale donnera suite à la demande d’enquête.




