Lac Mai-Ndombe : un site Ramsar de 6,5 millions d’hectares
Le lac Mai-Ndombe fait partie du site Ramsar de Ngiri-Tumba-Maindombe, désigné en 2008 et couvrant 6 569 624 hectares. La fiche officielle décrit ses espèces rares, ses habitants et les pressions qui pèsent sur lui.

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Le lac Mai-Ndombe fait partie d’un vaste site Ramsar, celui de Ngiri-Tumba-Maindombe, qui couvre 6 569 624 hectares selon les chiffres officiels. Entre forêt, lacs et rivières, ce territoire abrite des espèces rares et fait vivre des communautés de pêcheurs et d’agriculteurs. Les documents officiels décrivent aussi les pressions qui s’y exercent.
Un site désigné en 2008
Le site a été inscrit sur la liste de la Convention de Ramsar sous le numéro 1784, le 24 juillet 2008, selon la fiche descriptive officielle, mise à jour le 12 juillet 2017. Sa superficie officielle est de 6 569 624 hectares. Un calcul par système d’information géographique donne environ 6 391 609 hectares.
Lors de la cérémonie de désignation à Kinshasa, le représentant du WWF-RDC, Raymond Lumbuenamo, a présenté ce site comme « le plus grand Site Ramsar du monde » à cette date. Il a cité le lac Tumba, de 765 km², et le lac Maindombe, de 2 400 km². La désignation est le fruit d’une collaboration entre le ministère de l’Environnement, l’Institut congolais pour la conservation de la nature, le secrétariat de Ramsar, le WWF et des ONG et communautés locales.
Un territoire à cheval sur quatre provinces
Selon la fiche Ramsar de 2017, le site s’étend sur quatre provinces : l’Équateur, le Maindombe, le Sud-Ubangi et la Mongala. Mbandaka est la ville la plus proche.
Des espèces rares
La fiche cite le bonobo, espèce endémique de la RDC classée en danger et présentée comme l’espèce emblématique du site, ainsi que l’éléphant de forêt d’Afrique, classé vulnérable. Le chimpanzé, le léopard et l’hippopotame amphibie y sont également présents. Dans la zone de Ngiri, plus de 1 000 couples reproducteurs de héron pourpré ont été recensés, soit 2,27 % de la population biogéographique de l’espèce. Le site abrite aussi des poissons endémiques, comme le protoptère.
Des communautés qui dépendent du site
Les habitants vivent surtout de l’agriculture, de la pêche artisanale et de la collecte de produits forestiers autres que le bois, indique la fiche. Elle ajoute que les services rendus par l’eau profitent aussi aux populations de la RDC et des pays voisins, la République du Congo et la République centrafricaine.
Les pressions sur le site
La fiche classe parmi les menaces à fort impact, et en hausse, la chasse et le prélèvement d’animaux terrestres, l’exploitation forestière et la pêche. Les feux de brousse, le prélèvement de plantes et les espèces envahissantes ont un impact moyen. Sur le lac Tumba, elle signale une surpêche et des engins inadaptés, qui ont rendu certaines espèces plus rares, ainsi qu’une baisse des précipitations et du niveau du lac sur 36 ans.
Ce que cela change pour Mai-Ndombe et ses voisins
Pour les familles qui pêchent et cultivent autour du lac, la ressource décrite par la fiche Ramsar est aussi leur source de revenus. Les pressions identifiées, pêche excessive, exploitation du bois et chasse, touchent donc directement les habitants, et pas seulement la faune.
Le classement de 2008 avait été présenté par le WWF-RDC comme une première étape vers l’objectif annoncé à la COP9 de la Convention sur la diversité biologique, à Bonn en mai 2008 : créer au moins 15 millions d’hectares d’aires protégées supplémentaires. Dix-huit ans plus tard, la fiche mise à jour en 2017 décrit des menaces toujours présentes, ce qui place la gestion concrète du site au centre du défi.




