Mbandaka : l’histoire de l’ancienne Coquilhatville
Mbandaka, chef-lieu de l'Équateur, s'est appelée Coquilhatville jusqu'en 1966. Retour sur l'histoire d'une ville née au confluent du Congo et de la Ruki, très proche de la ligne de l'équateur.

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Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur, a porté un autre nom pendant plus de soixante-dix ans : Coquilhatville. Située au confluent du fleuve Congo et de la rivière Ruki, tout près de la ligne de l’équateur, la ville raconte une bonne partie de l’histoire du fleuve.
Du poste de l’Équateur à Coquilhatville
Selon l’étude « Mbandaka, hier et aujourd’hui », publiée par le centre Aequatoria, la « Station de l’Équateur » a été installée par des agents de l’Association internationale africaine et de l’Association internationale du Congo, dont Stanley, Vangele, Coquilhat et Roger. La localité est devenue chef-lieu de district en 1888.
Elle a ensuite reçu le nom de Coquilhatville, en hommage à Coquilhat, mort à Boma en 1891. Le nom apparaît dans des textes juridiques dès 1892, et un décret de 1895 l’officialise, bien que « Équateur » ait continué à être employé un temps.
Le retour du nom Mbandaka
Mbandaka est le nom traditionnel de la ville. Une ordonnance présidentielle l’a rétabli en mai 1966, d’après l’étude Aequatoria. Britannica confirme que la ville s’appelait Coquilhatville jusqu’en 1966.
Les étapes administratives sont nombreuses : circonscription urbaine en 1895, capitale provinciale en 1917, statut de ville en septembre 1958, puis capitale régionale en 1972, toujours selon Aequatoria.
Un carrefour sur le fleuve
Britannica situe Mbandaka dans le nord-ouest du pays, à environ 700 km au nord-est de Kinshasa, au confluent du fleuve Congo et de la Ruki, à mi-chemin de la route fluviale entre Kinshasa et Kisangani. L’encyclopédie la décrit comme un port fluvial très actif. Son économie repose sur l’agriculture et l’exploitation forestière, avec le caoutchouc, le café, le riz et le bois d’œuvre, ainsi que sur une brasserie et une imprimerie. La ville compte aussi un musée national, un jardin botanique et un aéroport.
La ville de l’équateur ?
L’étude Aequatoria donne pour Mbandaka les coordonnées de 0°03’49 » nord et 18°16’40 » est, à une altitude d’environ 340 à 355 m. La ville est donc très proche de l’équateur, mais pas exactement dessus. L’étude indique que l’équateur ne passe pas à Wangata, où se dressait une borne en 1954. Coquilhat et Lemaire ont placé la ligne au sud de Coquilhatville, près de Bolenge, et Lemaire écrivait que « la ligne de l’équateur passe dans la mission américaine de Bolengui ».
Une population mesurée avec prudence
Les chiffres de population varient beaucoup selon les périodes et les méthodes. Aequatoria cite 35 588 habitants en 1958, environ 112 881 en 1976, 125 263 au recensement scientifique de 1984 et 208 393 au recensement administratif de 1987. Les auteurs précisent que ce dernier chiffre peut être gonflé de plus de 20 % par rapport à un comptage médical maison par maison. Britannica donne 262 814 habitants pour 2004, une estimation.
Ce que cela change pour l’Équateur
Connaître l’histoire de Mbandaka, c’est comprendre pourquoi la capitale de l’Équateur est un point d’appui du fleuve : née comme station de traite, elle est devenue un port, une capitale administrative et un centre de commerce. Elle est aussi la ville la plus proche du site Ramsar de Ngiri-Tumba-Maindombe, selon la fiche officielle de ce site.
Quant à la question de savoir si la ville est exactement sur l’équateur, l’étude Aequatoria apporte une réponse nuancée : elle en est très proche, sans que la ligne passe exactement là où l’on avait d’abord placé la borne de Wangata.




