RDC : La thèse d’une complicité entre Kabila et les rebelles AFC/M23 se confirme grâce à des images devant la Haute Cour militaire

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« Le subordonné se positionne toujours à gauche, tandis que le supérieur se place à droite », a fait remarquer le lieutenant général Jérôme Likulia, directeur du parquet général militaire, suggérant une hiérarchie sous-jacente entre les deux individus.
L’ancien chef d’État, qui a gouverné la RDC de 2001 à 2019, fait face à des accusations sérieuses liées à la période suivant sa présidence. Il est pointé du doigt pour avoir appuyé les groupes armés qui perturbent l’Est du pays, en particulier à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.
Au cours de l’audience qui a eu lieu jeudi, des éléments de preuve ajoutés au dossier ont été énoncés à voix haute par le colonel Jeanne-Françoise Ngalula, greffière en chef de la Haute Cour militaire. On y trouve : un passage de l’entretien donné par Joseph Kabila à Radio France Internationale (RFI), un compte-rendu d’audit du camp de déplacés de Mugunga, ainsi qu’une déclaration émanant du Bureau commun des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH).
« L’ensemble de ces éléments suggère une participation directe ou indirecte du suspect dans l’organisation ou l’aide des activités du M23 et de l’AFC », a défendu le procureur.
De plus, l’association « Action d’accompagnement des veuves et d’orphelins victimes de crimes de guerre » (AVOVIG) a également décidé de se constituer partie civile jeudi. Elle s’aligne sur une coalition d’organisations de la société civile et de familles de victimes réclamant justice pour les abus commis à l’est.
« Nous aspirons à ce que le monde prenne conscience de la voix des victimes, ces victimes qu’on néglige trop fréquemment au regard des statistiques des conflits armés », a affirmé Maître Richard Bondo, coordinateur des parties civiles, après la conclusion de l’audience.
Il a également ajouté deux autres documents à l’affaire : le pacte de Nairobi et l’accord d’Addis-Abeba, tous deux signés par Joseph Kabila sous le nom de H.K., correspondant à son identité officielle en tant que Hyppolite Kanambe.
Après une audience où ont été présentés des éléments visuels et écrits considérés comme « accablants » par le procureur, la Cour a laissé un délai de deux semaines aux parties civiles pour préparer leurs discours.
« Nous suggérons de vous accorder deux semaines pour que nous puissions nous retrouver le 20 août afin que vous puissiez compléter, plutôt que de reprendre », a terminé le président de la Haute Cour militaire avant de mettre fin à l’audience.
Il reste à déterminer si les éléments de preuve seront suffisants pour prouver la culpabilité d’un ancien président qui a longtemps représenté l’autorité à Kinshasa.
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