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Kamituga : après un drame minier, le site de Mabela est fermé

Un accident survenu dans la soirée du samedi 18 juillet 2026 au site aurifère de Mabela, à Kamituga (Sud-Kivu), a fait au moins six morts et une dizaine de blessés selon le bilan provisoire du 20 juillet. Les victimes auraient été asphyxiées…

Kamituga : après un drame minier, le site de Mabela est fermé
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Un nouvel accident minier endeuille le Sud-Kivu. Dans la soirée du samedi 18 juillet 2026, un éboulement s’est produit au site aurifère de Mabela, dans le quartier Kalingi, à Kamituga, territoire de Mwenga. Le bilan provisoire arrêté au 20 juillet fait état d’au moins six morts et d’une dizaine de blessés, selon Radio Okapi. Les victimes auraient été asphyxiées alors qu’elles travaillaient à l’intérieur d’un puits.

Le décompte a évolué au fil des opérations de secours. Le 19 juillet, la radio onusienne évoquait au moins quatre décès et plusieurs blessés graves, en citant les équipes locales, des habitants et la société civile. Le nombre exact de creuseurs présents dans le puits au moment du drame restait difficile à établir, ce qui laisse craindre un bilan encore susceptible de s’alourdir. À ce stade, aucun bilan définitif n’a été communiqué par les autorités provinciales.

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La mairie ferme le site de Mabela

Face à l’ampleur du sinistre, la mairie de Kamituga a réagi rapidement. Le dimanche 19 juillet, le maire intérimaire Alexandre Faradja Yogolelo a ordonné, par mesure de précaution, la fermeture temporaire des puits du site de Mabela. Selon Benjamin Muloba, secrétaire particulier du maire intérimaire cité par Radio Okapi, « l’autorité urbaine sur place a ordonné la fermeture temporaire de ces puits en attendant que les enquêtes se poursuivent ». Un état des lieux doit être mené par les services des Mines et par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE) avant toute reprise éventuelle. La mesure ne concerne pour l’heure que le site de Mabela, et non l’ensemble des puits de la ville.

Une suspension gouvernementale déjà en vigueur

Le contexte donne à ce drame une résonance particulière. Kamituga est l’une des principales places aurifères de l’est de la RDC. Des milliers de creuseurs y descendent chaque jour dans des puits creusés de manière rudimentaire, souvent sans étançonnement, sans ventilation adéquate ni équipement de sécurité. La société civile locale dénonce de longue date une gestion laxiste de l’orpaillage, qui expose des populations entières à des accidents à répétition.

Surtout, cette suspension municipale intervient alors que l’exploitation était censée être déjà à l’arrêt. En mai 2026, le gouvernement congolais avait en effet suspendu pour trois mois les activités minières dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, dont dépend Kamituga. Que des puits aient continué de fonctionner, au point de faire des victimes deux mois plus tard, illustre la difficulté des autorités à faire appliquer leurs propres décisions sur des sites où l’or reste, pour des dizaines de milliers de familles, la seule source de revenus. C’est là le nœud du problème : l’orpaillage nourrit une part importante de la population de Mwenga, ce qui rend toute interdiction difficile à tenir dans la durée.

Un drame aux conséquences multiples

Les conséquences possibles de cet accident sont multiples. Sur le plan humain, les familles des victimes, souvent sans couverture sociale ni indemnisation, se retrouvent brutalement privées de soutien. Sur le plan économique, une fermeture prolongée du site priverait de revenus une main-d’œuvre nombreuse et pourrait alimenter des tensions sociales, comme cela s’est déjà vu lors de précédentes suspensions. Sur le plan sécuritaire, la persistance d’une exploitation informelle dans un Sud-Kivu marqué par l’instabilité entretient un environnement propice aux trafics et à la prédation autour des ressources.

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Ce nouveau drame de Kamituga s’inscrit dans une série d’accidents qui frappent régulièrement les mines artisanales de l’est du pays, du Sud-Kivu au Nord-Kivu, où la société civile de Rubaya déplorait encore, en mars 2026, des tragédies répétées faute d’encadrement. Au-delà des seuls puits, la ville de Kamituga apparaît par ailleurs vulnérable aux éboulements : en novembre 2022, un glissement de terrain provoqué par de fortes pluies y avait déjà fait au moins dix morts en détruisant des habitations, selon Radio Okapi. À chaque catastrophe, le même débat revient : celui de la sécurisation des sites, de l’encadrement des creuseurs et de la responsabilité des exploitants, dont l’identité et le statut juridique demeurent souvent flous.

Dans l’immédiat, plusieurs points restent à surveiller : le bilan définitif de l’accident, les conclusions de l’enquête annoncée par les autorités des Mines et du SAEMAPE, l’identification des responsables du puits concerné, et la durée réelle de la suspension décidée par la mairie. La question de fond, elle, reste entière : comment concilier la survie économique de milliers de familles avec des conditions de travail qui, faute d’encadrement, continuent de tuer.

Par OBM

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La Rédaction CongoActu

La Rédaction de CongoActu suit l'actualité politique, économique et sociale de la République démocratique du Congo depuis Kinshasa. Elle publie 7j/7 des informations vérifiées et recoupées à destination des lecteurs en RDC et de la diaspora.

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