Ebola au Nord-Kivu : deuxième foyer de l’épidémie, les cas continuent d’augmenter
Avec plus de 1 700 cas confirmés au 4 octobre selon l'INSP, le Nord-Kivu est la deuxième province la plus touchée par Ebola, derrière l'Ituri. Le nombre de cas y a presque doublé en un peu plus d'un mois.

Connectez-vous pour sauvegarder et personnaliser
Ebola au Nord-Kivu progresse : la province est désormais le deuxième foyer de l’épidémie, loin derrière l’Ituri mais avec des bilans qui montent vite d’un point de situation à l’autre.
Des chiffres en forte hausse
Autour du 1er septembre, la province comptait 888 cas confirmés et 601 décès, d’après le point de situation de l’ECDC, qui reprend les données de l’INSP congolais. Au 4 octobre, le rapport n° 143 de l’INSP, cité par l’agence de sécurité sanitaire britannique UKHSA, faisait état de 1 729 cas et de 1 005 décès. En un peu plus d’un mois, le nombre de cas confirmés a donc presque doublé : 841 cas et 404 décès supplémentaires.
Les bilans intermédiaires confirment la pente. Le point de situation de l’ECDC et de l’OMS arrêté au 23 septembre, relayé par MesVaccins, donnait 1 480 cas et 884 décès, avec 16 des 34 zones de santé de la province touchées, soit près de la moitié. Au 27 septembre, l’INSP en comptait 1 541 et 914 décès, d’après l’UKHSA, qui notait alors une augmentation des nouveaux cas dans le Nord-Kivu. Dans le rapport de l’ECDC du 21 septembre, 14 des 58 nouveaux cas confirmés du pays venaient du Nord-Kivu, contre 38 pour l’Ituri.
L’Ituri reste très au-dessus, avec 6 450 cas et 2 968 décès au 4 octobre selon le même rapport de l’INSP. À elles deux, les deux provinces totalisent 8 179 des 8 603 cas confirmés recensés dans le pays à cette date, soit plus de neuf sur dix.
Sur ces chiffres, le nombre de décès rapportés équivaut à environ 58 % du nombre de cas confirmés au Nord-Kivu, contre 46 % en Ituri. L’écart peut tenir à la manière dont cas et décès sont comptabilisés : l’ECDC précise que les données congolaises sont en cours de révision et d’harmonisation.
Une riposte qui se poursuit sur le terrain
Lors de la réunion hebdomadaire de la riposte, dont la RTNC a rendu compte le 9 octobre, la zone de santé d’Alimbongo a fait état de quatre cas, dont deux décès. L’article ne donne pas de total provincial.
Le Nord-Kivu fait aussi partie de l’essai du vaccin Ervebo : l’étude lancée à Bunia doit inclure environ 20 000 personnes en Ituri et au Nord-Kivu, selon l’APA et l’AP. Ce vaccin est homologué contre la souche Zaïre, pas contre la souche Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle, et son efficacité contre cette dernière reste à démontrer.
Pourquoi l’épidémie avance vite
Dans une dépêche du 14 août, Reuters écrivait que la détection tardive des cas, les conflits et la fragilité des services de santé avaient fait avancer l’épidémie plus vite que lors des précédentes. Ce constat porte sur l’ensemble de l’épidémie, pas sur le seul Nord-Kivu.
Médecins sans frontières estime par ailleurs que plus de 68 % des décès surviennent dans la communauté plutôt que dans des structures de santé, d’après une analyse du 30 septembre rapportée par Afrik. L’organisation avertit que le bilan réel pourrait être supérieur au bilan officiel.
Le bilan national
Au 5 octobre, le ministère de la Communication comptait 8 665 cas confirmés et 4 178 décès dans l’ensemble du pays, répartis sur sept provinces et 64 zones de santé, selon Anadolu. Le ministère indique que 80,4 % des contacts identifiés étaient suivis.
Ce que cela change pour les habitants
Concrètement, la maladie est présente dans seize des trente-quatre zones de santé du Nord-Kivu, d’après le bilan de l’ECDC et de l’OMS arrêté au 23 septembre. Elle touche donc une large partie de la province, et non un seul territoire. Les prochains points de situation de l’INSP permettront de voir si la progression ralentit.



