UNION SACREE POUR LA NATION : L’ANALYSTE POLITIQUE ET ECONOMISTE CHRISTIAN MAYOMBE EXPLIQUE LES ENJEUX

Fatshi Beton

En effet, il y a deux mois, lors d’un discours télévisé de six minutes diffusé le vendredi, 23 octobre 2020, le Président de la République, S.E Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, réexpliqua très brièvement le contexte historique de la coalition FCC-CACH et présenta au peuple les divergences qui semblent paralyser cette dernière depuis 2 ans.

Ces divergences portent notamment sur les questions relatives à la paix et à la sécurité nationale, à la Commission Electorale Indépendante, à la gestion du portefeuille de l’Etat, à la territoriale, à la diplomatie, à l’indépendance de la justice et à l’instauration de l’Etat de droit. Au regard de ces divergences et compte tenue des conséquences de ces derniers sur l’avenir de notre Nation, en particulier de notre jeunesse à la démographie tellement galopante.

Le Président de la République Démocratique du Congo a estimé que ces questions ne peuvent être laissées à la merci d’un seul groupe politique. D’ou la nécessité de procéder à une série de contacts visant à consulter les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs pour recueillir leurs opinons, dans le but de créer une union sacrée pour la Nation.

Consultations à l’issue desquels il reviendra auprès de son peuple pour lui rendre compte. En effet, le Président de la République s’appuie sur l’article 69 de la Constitution qui lui confère le rôle d’arbitre assurant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Jusqu’à ce niveau des choses, le commun des mortels voyait ça comme une brève querelle de couple sans lendemain. Cela, tout en oubliant qu’il s’agissait du fils du « sphinx », un animal politique bien outillé et redoutable.

Pendant que nous, les aigles de la Nations, avions vu et cru en cette initiative si salvatrice pour notre beau et chère pays. Après tout ceci et conformément à sa promesse de revenir vers son peuple pour lui rendre compte desdites consultations, le dimanche 06 décembre 2020, le Président de la République Démocratique du Congo S.E Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO est effectivement revenu rendre compte en procédant d’abord par une synthèse de toutes les propositions qui lui ont été faites.

Notamment en ce qui concerne le Droit des femmes; la taille du Gouvernement; la suppression du Ministère de la décentralisation pour sa fusion avec le Ministère de l’Intérieur; la prise de mesures beaucoup plus punitives à l’égard des criminels économiques; l’instauration d’une cour Pénale Spéciale en RDC et bien d’autres mesures. Ensuite, dans son allocution le Président sera amené à faire ce constat amère selon lequel le gouvernement de coalition institué au lendemain de l’alternance politique de janvier 2019 n’a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été porté à la Magistrature suprême.

Au regard de ce qui précède, le Président à décidé de mettre fin à la coalition FCC-CACH en vue d’une nouvelle coalition nommée UNION SACRE POUR LA NATION dont la conception de la gouvernance sera basée sur le résultat dans l’intérêt supérieur de la Nation. Cette coalition devra accompagner le Chef de l’Etat dans sa vision, mais en cas de nouveau blocage, le parlement sera dissout et le Président reviendra vers le peuple pour demander une majorité claire étant donné qu’il existe déjà un conflit entre le gouvernement et le parlement. Conséquemment à ce qui précède et tenant compte des événements politiques récents, et particulièrement de la chute de la Présidente de l’Assemblée Nationale ainsi que de tout son bureau suite à une motion de défiance qui matérialise l’émiettement de la majorité FCC, nous sommes contraint d’admettre que le Président de la République vient ici de réaliser un des plus grands coups politiques de l’histoire de notre Nation.

En effet, sans crépitement de balle, sans bruits abasourdissant d’obus et surtout sans bruits de bottes, le Président vient de détruire et de mettre hors d’état de nuire cette machine dénommé « FCC » qui, pourtant paraissait si puissante. Machine qui a desservi le peuple durant 18 ans. Loin d’être naïfs et moins encore flatteurs nous sommes contraint de dire « bravo Mr le Président » et chapeau bas à vous pour cette victoire politique inédite.

Quant à nous, en tant que scientifiques, eu égard aux événements susmentionnés et compte tenue des deux discours sur l’Etat de la nation déjà prononcés par le Chef de l’Etat S.E Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO en décembre 2019 et 2020, nous trouvons que toutes les mesures initiées par le Président sont nécessaires et leurs applications effectives donneront à notre Nation un coup en avant. Par exemple, la priorisation du secteur de l’eau et de l’électricité, le renforcement des capacités des FARDC, le renforcement de l’Etat de droit, les mesures prises contre la Covid 19 et biens d’autres mesures. Mais, cela étant, nous nous permettons d’ajouter notre petite pierre en mettant un accent particulier sur les trois secteurs suivants. Il s’agit du domaine de l’agriculture, des matières premières ainsi que du droit des femmes.

1. A propos de l’agriculture : D’après nos recherches, nous avons constaté que le produit vivrier le plus consommé c’est le manioc, suivi du maïs qui vient à la deuxième place. Mis à part ce que nous importons, les paysans produisent 80% de ce que nous consommons.

Les premiers producteurs sont les paysans, le deuxième groupe sont les agro industries. Même si l’Etat a du mal à produire lui-même, il peut plus facilement organiser et redynamiser le secteur. En appuyant les paysans en semences améliorés et en matériels agricoles, il y a déjà moyen rien qu’a ce niveau de booster de manière très significative la production agricole.

L’expérience a déjà été faite à un moment donné avec la CTB (Coopération Technique Belge) dans le Kwango. Grace à un encadrement adéquat ils ont eu une augmentation de la production du maïs et d’autres produits vivriers. Il y a des services spécialisées au sein du Ministère de l’agriculture notamment l’INERA qui peuvent avoir des semences améliorées, mais ces derniers ont certainement besoin de plus de soutiens et d’un meilleur accompagnement. Il est clair que notre pays a cette vocation de développer son industrie agroalimentaire, mais avant d’atteindre ce potentiel nous insistons sur le fait que nous pouvons déjà dans un très bref délai booster la production de nos produits vivriers à travers le soutien, l’encadrement et l’accompagnement de nos paysans, car « vaux mieux un tien que deux tu auras » dit-on. Nous insistons sur ce point car toutes les grandes nations qui ont vaincu la faim sont passées par les engrais, la mécanisation et l’irrigation. Aider les paysans, c’est aussi leur faciliter l’évacuation des produits par la construction de nouvelles routes et la réhabilitation des routes de desserte agricole déjà existantes vers les grands centres de consommation.

Ici, nous en profitons pour dire que la construction et l’amélioration des chemins de fer à travers la République restent une nécessité dans ce combat pour l’éradication totale de la faim dans notre pays. Nous en profitons pour saluer une fois de plus la vision éclairée du Chef de l’Etat S.E Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO pour le contrat qui vient d’être signé avec un consortium de sociétés allemandes pour la construction et la modernisation de 10.000 kilomètres de voies ferrées, devant relier les 26 provinces congolaises dont certaines sont enclavées. Nous sommes convaincus que grâce à un management adéquat nous pouvons remporter le défi de la faim dans notre pays.

Il y a dans nos territoires des inspecteurs territoriaux et des moniteurs agricoles avec lesquels l’Etat doit travailler en étroite collaboration. L’amélioration de la motivation de ceux qui accompagnent les paysans depuis les moniteurs agricoles jusqu’aux ingénieurs agronomes est donc une nécessité. Il est tout à fait anormal d’importer le maïs par exemple à partir d’autres pays alors que nous pouvons très bien produire nous-mêmes. A titre d’exemple, La Zambie est la province du Katanga ont la même situation éco climatique et le même type de sol.

Ce n’est donc pas normal que le grand Katanga y importe du maïs. Ici nous en profitons pour saluer l’intelligence de l’ancien gouverneur du grand Katanga, Mr Moïse KATUMBI CHAPWE qui, en son temps, avait réussi à faire baisser considérablement le prix du maïs chez lui en appliquant les bonnes mesures ;
2. A propos des matières premières : le contraste est donc très frappant, car bien que la RDC soit : – le premier producteur de Cobalt avec ses 74.000 tonnes par ans en fournissant 70 % de ce minerais indispensable pour la fabrication des batteries pour les voitures électriques ; – Premier producteur Africain de cuivre avec plus d’un millions de tonnes par ans ; – Près de 19 millions de carat de diamant par ans ; – 23 mille kilos d’or par ans ; – 7800 tonnes de zinc par ans et ici la liste est loin d’être exhaustive. La RDC est jusqu’à présent le huitième pays le plus pauvre au monde avec un PIB par habitant de 495 dollars US. D’après nos investigations nous avons identifiées trois difficultés majeures à la base de ce contraste. Premièrement, l’inefficacité de la loi sur la sous traitante en ce que nous aurions bien voulus voir les banques impliquées dans cette loi. Il est quand même difficile qu’une entreprise étrangère puisse préfinancer à 30 pourcent tous les sous traitants qu’elle utilise. En principe, la loi aurait dû inclure les banques.

C’est-à-dire lorsqu’une entreprise de sous-traitance à un contrat avec une entreprise minière, elle devrait pouvoir avec ce contrat aller vers une banque et obtenir un crédit bancaire afin de pouvoir éventuellement se faire financer. Chose qui, malheureusement, n’existe pas encore en RDC ; Deuxièmement, l’artisanat minier n’est pas suffisamment réglementé. En effet, à titre d’exemple, l’artisanat minier représente plus de 20% de la production de cobalt ici en RDC.

C’est tout un système à travers lequel l’économie locale du congolais peut être développée. En réalité, les artisans miniers sont pour la plupart des personnes qui travaillent sous la tutelle d’un congolais, mais qui ne gagnent toujours pas ce qu’ils devraient gagner. D’où la nécessité d’améliorer les conditions de l’artisanat minier, d’améliorer également les revenus de ces artisans miniers et surtout combattre vigoureusement l’exploitation des enfants dans ce secteur car les enfants doivent aller à l’école ; Troisièmement, la corruption, véritable gangrène et obstacle au développement de notre pays. Nous rappelons que le secteur des mines ainsi que tous les autres secteurs (agriculture, tourisme.etc) ne devraient pas être considéré comme « locomotive » d’une économie. Ce sont en réalité des accélérateurs et un accélérateur ne peut bien faire son travail que s’il a un moteur. Ici, le moteur c’est l’Etat de droit et la bonne gouvernance ;

3. A propos du droit des femmes : Ici nous sommes bien conscients des efforts qui sont entrain d’être fournis dans ce domaine mais nous disons que c’est loin d’être suffisant. Nous pensons que l’Etat congolais ainsi que les ONG qui œuvrent dans ce domaine devraient d’avantage travailler avec des sociologues afin de traiter le problème de fond qui est d’abord culturel et sociologique. En effet, dans certains coins de la République Démocratique du Congo, très souvent on a tendance à s’en prendre à la victime plutôt qu’a son bourreau. Dans certaines cultures une femme violée est considérée comme adultère, se voyant ainsi rejeté par son époux et la société dans un moment de sa vie ou elle a besoin d’aide. Dans ce contexte, beaucoup de femme préfèrent taire le nom de leur bourreau tout en souffrant en silence. Cette situation ne peut pas favoriser l’émergence d’une nation libre et puissante.

Car, nous sommes convaincus que « une femme frustrée, c’est toute une nation qui est frustrée » et que « une femme véritablement épanouie, c’est tout un peuple qui l’est tout autant ». Nous pensons que les hommes sont d’une certaine manière le reflet des femmes. Ici, nous paraphrasons le Chef de l’Etat actuel lorsqu’il disait dans l’un de ses discours que « partout ou l’homme a dégradé la femme, il s’est dégradé lui-même ».

A la lumière de tout ce qui précède et en guise de conclusion nous rappelons que nous ne sommes pas naïfs mais bien conscients des nombreux défis auxquels le pouvoir en place doit faire face. Mais, nous avons fait le choix de voir le verre à moitié plein car « en politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal » dixit Nicolas Machiavel. En outre, nous voulons dire au Président de la République que le peuple peut pardonner ce qui n’a pas été fait durant ses deux premières années à cause de cette alliance incestueuse qui, heureusement, vient de prendre fin. Mais le peuple n’acceptera plus de contre performances pour le reste de son quinquennat car il est désormais seul sur le bateau et c’est maintenant que la carte de son avenir politique se joue. Alors, qu’il ouvre l’œil et le bon afin que l’UNION SACRE POUR LE CONGO ne devienne pas un FCC bis au grand malheur du peuple.

Nous sommes convaincus que L’UNION SACREE POUR LA NATION à toutes les chances de remporter les défis sociaux tant attendus, à condition qu’il y ait en amont un management solide ayant des objectifs bien éclairés. A coté de l’Autorité du Président qui vient d’être réaffirmée, nous sommes sûr que les compétences suivront. Voilà bien la raison pour laquelle le sociologue français Gustave LEBON disait que « la compétence sans autorité est aussi impuissante que l’autorité sans compétence ».

Notre article est une œuvre humaine qui n’est pas exempte de critiques. Voilà pourquoi nous restons ouverts à toutes vos remarques et contributions objectives.
Cela dit, nous souhaitons Joyeux noël et bonne fête de nouvel an à tout le peuple congolais et spécialement au premier citoyen congolais S.E Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO. Que le Saint-Esprit conduise notre Président de la République et que sa lumière l’aide à réussir son mandat.

Mr Christian Mayombe
Economiste, Analyste Politique et Penseur

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