Transco : Le Ministre des Transports grignote les attributions du Chef de l’État

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Des ministres qui usurpent des prérogatives exclusives du Président de la République, on en compte dans le Gouvernement actuel. Le Ministre des Transports et Voies de Communication, Didier Mazenga en est une illustration parfaite. Pour cause, il a signé clandestinement un arrêté portant nomination d’un nouveau Directeur Général Adjoint à la société des Transports au Congo (Transco) à l’insu du Conseil des Ministres et même du Premier ministre.

Plus grave, il est accusé d’avoir tenté de mettre en circulation les nouveaux bus récemment réceptionnés sans plaque d’immatriculation et sans avoir pris le soin d’informer la hiérarchie. Quel scandale !

Chaque jour qui passe, on en sait un peu plus sur les causes du désordre auquel on assiste dans certaines sociétés publiques en République Démocratique du Congo.

Alors que le comité de gestion de Transco se bat, avec le soutien du personnel, pour augmenter les recettes d’exploitation qui ont connu une baisse considérable par rapport aux charges opérationnelles suite au double choc exogène de la pandémie de la Covid-19 et de la congestion de la circulation routière entrainée par de travaux de grande envergure, une décision du Ministre des Transports et Voies de Communication a choqué tout le monde.

En effet, Didier Mazenga a nommé, en date du 11 novembre 2020, un nouveau Directeur Général Adjoint à Transco, en la personne de Dodo Kitongo Kifumba. Cette nomination pèche par le fait que la nomination d’un Directeur général adjoint relève de la prérogative exclusive du Chef de l’Etat. Bien plus, l’actuel numéro un de Transco, Bongi Blackson, pour ne pas le citer, assume les fonctions de Directeur Général à titre intérimaire depuis la suspension de son titulaire, Michel Kirumba.

Visiblement conscient de sa bêtise, ce membre du gouvernement s’est arrangé avec le Secrétaire Général aux Transports pour que la notification de son arrêté portant le numéro 051/CAB/MIN/TVC/2020 ne soit pas amplifiée au premier ministre, ce qui traduit son intention de cacher à ce dernier sa sale besogne.

Selon un Secrétaire général retraité de l’administration publique, aucun ministre n’a le pouvoir de nommer un Directeur Général adjoint au moment où le Directeur général adjoint régulièrement nommé sur ordonnance présidentielle assume les fonctions de Directeur Général ai. « Logiquement, il ne revient pas au ministre de désigner un Directeur Général adjoint. Il peut, dans certains cas, confier l’intérim du DG au DGA en cas de suspension du DG, mais il ne peut jamais nommer un DGA », proteste-t-il.

Qui a bu boira…

D’une bêtise à une autre, le Ministre des Transports a encore fait parler de lui en mal, ce dimanche 27 décembre 2020, en voulant mettre en circulation les nouveaux bus Transco récemment réceptionnés, sans aviser ni la hiérarchie, ni le staff dirigeant de Transco, encore moins les agents et cadres de cet établissement public. Ce, sans avoir pris le soin de se renseigner si ces bus ont été soumis au contrôle technique ou encore s’ils sont immatriculés.

Aux dernières nouvelles, ces bus ne sont encore reçu des plaques d’immatriculation.
Dans son entourage, on rejette en bloc ces accusations. Un membre de son cabinet contacté par Alternance.CD indique que Didier Mazenga n’a agi que conformément à ses attributions tant pour ce qui est de la nomination du nouveau DGA que pour sa tentative de lancer officiellement les nouveaux bus.

Toutefois, il a fait d’une pierre deux coups en profitant de la cérémonie avortée de lancement des bus pour présenter son nouveau DGA à l’absence des agents et cadres de Transco.

En quoi joue l’ODEP?

Hasard de calendrier, cette nomination litigeuse a coïncidé avec la publication du rapport d’enquête de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) sur la gestion de Transco. A ce sujet justement, la Cellule de Communication de Transco avait fait savoir que le comité de gestion travaille, sous la conduite de l’Autorité de tutelle sur l’amélioration des conditions d’exploitation d’avenir afin d’éviter que les nouveaux bus réceptionnés récemment ne puissent subir le sort des anciens bus. « Il est vraiment regrettable que l’ODEP se soit interdit d’approcher TRANSCO dans le but de présenter un rapport qui lui ferait gagner en crédibilité dont elle a besoin pour sa précieuse mission de contrôle citoyen », peut-on lire dans la mise au point de la cellule de communication de Transco.

Malheureusement, l’affaire a pris une autre tournure avec notamment la convocation du Directeur Général ai, Bongi Blakson au Tribunal de Grande Instance près le Parquet Général de Kinshasa Matete. Ne s’étant pas présenté pour de raison de santé, ses pourfendeurs ont crié au scandale au grand dam de ses avocats conseils. Ces derniers ont, dans une mise au point, parlé « d’un scoop crée à dessein par l’ODEP et ses sponsors qui tentent d’attire la sympathie du public afin de légitimer ses fausses accusations » contre leur client Contactée, la cellule de communication de Transco n’a pas voulu faire de commentaire sur une « affaire judiciaire ».

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