RDC : la planière de tous les dangers ce jeudi à l’Assemblée nationale !

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Tombera tombera pas, le sort du bureau de la Chambre basse du parlement congolais sera connu à l’issue de la plénière de ce jeudi 10 décembre, uniquement consacrée à l’examen de la pétition contre l’équipe Mabunda, initiée par le député Muhindo Nzangi, élu de Butembo. La plénière sera dirigée par le bureau d’âge, installé le mardi dernier, sous la présidence du doyen des députés, le “FCC” Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, assisté de deux moins âgés.

 

En interne, l’assemblée de ce jeudi à la Représentation nationale, se tient dans un contexte de crise, marqué par des actes de violences physiques d’un autre âge, survenus respectivement les lundi 7 et mardi 8 décembre au Palais du peuple. En plus des casses enregistrées dans la salle des Congrès et le jet de chaises dans la salle de Banquet du Palais du peuple, entre des députés FCC et ceux qui se réclament de la nouvelle majorité parlementaire, estampillée “Union sacrée de la Nation”, des scènes de bagarres rangées ont opposé les partisans des deux camps, soit dans le périmètre immédiat du Palais du peuple, soit dans l’enceinte même du siège de l’institution parlementaire !

 

Partant de ce climat délétère empreint de tensions politiques constantes et aussi, compte tenu des fâcheux antécédents rappelés ci-dessus, pas si sûr que la plénière de ce jeudi se tiendra dans la quiétude. A priori, d’aucuns considèrent, non sans raison, cette réunion de l’Assemblée nationale, comme celle de tous les enjeux. Et même, de tous les dangers. Doit-on dès lors, considérer qu’il s’agit-là d’une peur injustifiée ? Sinon, à quoi les Congolais devront s’attendre par rapport à cette assemblée parlementaire qui annonce des étincelles dans l’air ? Trêve de supputations ! Mais toujours est-il qu’il n’y a encore aucune éclaircie, perceptible dans la situation politique actuelle à l’Assemblée nationale.

 

Si déjà la violence a caractérisé l’étape des préliminaires, considérée comme protocolaire, qu’en sera-t-il de la plénière consacrée à la matière principale? A savoir, l’examen même de la fameuse pétition contre le Bureau Mabunda qui, depuis le début de l’initiative, a suscité une telle frénésie dans le camp des députés CACH et leurs alliés. A partir du moment où la force de loi a semblé céder la place à la loi de la force, ca craint à mille lieues.

 

L’ENJEU D’UNE PLENIERE

 

Au-delà des conséquences collatérales de la crise actuelle à l’Assemblée nationale, décriées ci-dessus, la plénière de ce jeudi charrie un enjeu majeur. A savoir, la formation de la nouvelle majorité parlementaire, tant préconisée par le Président Félix Tshisekedi, après son divorce dimanche dernier d’avec son ancien allié, le camp du Président honoraire Joseph Kabila. Tout va donc se jouer ce jour. Soit ça passe, soit ça casse !

 

Cependant, on rappelle que la pétition contre le Bureau Mabunda a bénéficié de la signature de plus de la moitié du nombre de députés nationaux qui composent l’Assemblée nationale. Depuis, on assiste à une foire aux chiffres. Dans cette saga, le camp CACH et ses nouveaux alliés parlent de 279 signatures déjà recueillies. Parmi lesquelles, des transhumés du FCC. Si ces chiffres s’avèrent exacts, alors la pétition contre le bureau Mabunda aura déjà très largement dépassé la majorité absolue de 251 députés nationaux requise pour son examen.

 

Au demeurant, au cas où le nombre de signataires refléterait le vote de ce matin, le bureau Mabunda tomberait alors. Et, le plus grand bénéficiaire sera donc le Président Félix Tshisekedi qui aura ainsi réussi son pari d’une nouvelle majorité parlementaire. Mais avant ce vote des députés nationaux qui se veut secret, rien n’est d’avance acquis. Autant dire que les dés ne sont pas encore jetés. Comme qui dirait, tout peut arriver dans l’un ou l’autre sens.

 

Ce qu’il faut peut-être rappeler ici, est que les députés FCC très majoritaires à l’Assemblée nationale, ont déclaré mardi dernier, ne pas être concernés par tout ce qui se passe présentement dans leur chambre parlementaire. En d’autres termes, ils ne participeront pas à la plénière de ce jeudi, qu’ils qualifient de coup d’Etat parlementaire. Pourtant, certains députés nationaux auraient souhaité que Jeanine Mabunda et tous les autres membres du bureau mis en cause, prennent part à cette assemblée afin d’y apporter leurs moyens de défense et permettre ainsi à la plénière de décider en toute “responsabilité”.

 

“Avec ou sans le FCC, la plénière aura bel et bien lieu”, rétorque le député MLC Daniel Mbawu, contacté par la radio Top Congo FM. Ce dernier évoque la jurisprudence lors de la plénière consacrée à l’examen de la motion de déchéance en mai dernier, contre l’UDPS Jean-Marc Kabund, alors 1er vice-Président de la Chambre basse, avant de conclure que l’Assemblée tirera toutes les conséquences du droit.

 

Toutefois, les députés FCC, qui ont réitéré leur loyauté à l’autorité morale et patron de la majorité parlementaire actuelle, Joseph Kabila, dénoncent une vaste campagne de corruption de certains de leurs collègues, comme arme fatale utilisée par le camp adverse pour l’affaiblir numériquement. On parle des sommes faramineuses oscillant entre 7000 et 9000$US par député national en échange aux fins de sa transhumance. Si ces allégations d’achat des consciences sont avérées, alors la messe pourrait déjà être dite pour le bureau Mabunda, d’autant plus qu’hier mercredi, un Conseiller principal du Président de la République a déclaré sur un média international que le Chef de l’Etat ne reculera pas. “Il ira jusqu’au bout. Après le Bureau de l’Assemblée nationale, ce sera le tour du Premier ministre. Ensuite, il désignera l’Informateur pour identifier la nouvelle coalition de l’Union sacrée de la nation”.

 

GRAND BRUIT AUTOUR DE L’AUDIENCE DE FATSHI AU BUREAU D’AGE

Hier mercredi, soit à la veille de la plénière de ce jeudi, Félix Tshisekedi a réçu en audience le bureau d’âge de l’Assemblée nationale, conduit par son Président Christophe Mboso Nkodia Mpuanga. Qu’un Chef de l’Etat reçoive un chef de corps, fût-il de circonstance, il n’y aurait donc rien à redire en temps normal. Mais dès lors que cette rencontre a lieu dans une période de crise institutionnelle, dont le Président de la république est lui-même un acteur majeur, il y a donc de quoi, pour certains observateurs, se poser légitimement quelques questions de fond.

L’audience de Fatshi au trio Mboso -Bussa -Namasiya était-elle opportune à la veille d’une plénière qui déchaine autant de passions comme celle de ce jeudi ? Quel message le Président de la république a-t-il ainsi donné à l’autre camp qui le soupçonne être à la manœuvre du tohu-bohu actuel à la Représentation nationale ? Si politiquement, le Chef de l’Etat a ses raisons de recevoir le bureau d’âge, le contexte actuel est-il favorable à la très large diffusion de cette audience, à quelques heures d’une plénière aux allures “apocalyptiques”? Doit-on penser à une stratégie médiatique contreproductive? Voilà, autant de questions qu’a suscitées cette audience qui a fait grand bruit hier dans les rues de Kinshasa. Toujours est-il que la réponse se trouve dans chacune des questions posées.

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