RDC/ 60 ans de l’indépendance célébré sous tension politique entre FCC et CACH

Fcc Et Cach
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30 juin 1960/ 30 juin 2020, 60 ans se sont écoulés, depuis que la république démocratique du Congo a accédé à son indépendance tant national qu’international.

Cette fête qui est célébrée dans la méditation en raison notamment du coronavirus, est aussi malheureusement commémorée sous la tension politique entre le front commun pour le Congo(FCC), et le cap pour le changement ( CACH).

Cette tension est due notamment à plusieurs actes. Parmis lesquels, nous prenons deux les plus récents. Il s’agit des propositions des lois sur les reformes judiciaires et l’interpellation de Celestin Ntunda, ministre de la justice.

ACTE 1: LES PROPOSITIONS DES LOIS SUR LES REFORMES JUDICIAIRE DE MINAKU ET SAKATA

Les propositions des lois Minaku/Sakata sur les réformes du système judiciaire ont provoqué des profonds désaccords entre les acteurs politiques.

L’examen des trois propositions de lois Minaku-Sakata sur la réforme du système judiciaire congolais est encore en cours au niveau de la commission Politique administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale.

Les députés du Cap pour le Changement (CACH) et de l’opposition parlementaire Lamuka dénoncent « l’obstination du FCC à opérer un passage en force ». Ils ont, à cet effet, décidé de suspendre leur participation à ces travaux, vu « l’inconstitutionnalité et l’inopportunité » de ces trois propositions de loi.

Les députés du CACH affirment quitter la salle des travaux pour ne pas être complices du complot de « caporalisation de la justice », selon l’un d’eux,Tony Muaba.
Pour sa part, Jacques Djoli, de l’opposition parlementaire, appelle le FCC à une attitude républicaine face à des reformes jugées inopportunes. Il plaide pour le retrait de ces trois propositions de loi afin de donner la chance aux reformes plus importantes, comme celle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Ces nouvelles réformes, proposées par les députés Aubin Minaku et Gary Sakata, apportent plusieurs initiatives. Elles renforcent le pouvoir d’injonction du ministre de la Justice, en lui permettant de sanctionner par mesures conservatoires les magistrats coupables.
Elles ont donné lieu a des protestations au sein de la magistrature et de la classe politique. Le Palais du peuple, siège du Parlement a été envahi mercredi 24 juin par des manifestants, qui voulaient empêcher l’adoption de ces textes.

Outre la tension entre les députés, les magistrats eux-mêmes aussi se sont opposés contre ces propositions des lois auprès de Félix Tshisekedi, président de la république.

Félix Tshisekedi a reçu ce samedi 27 juin 2020, une délégation des Syndicats des magistrats de la RDC. L’échange a tourné autour de l’amélioration de conditions de vie de ces derniers et des propositions de lois en cours d’examen à l’Assemblée nationale sur les réformes judiciaires.
Devant le chef de l’État, la délégation a réaffirmé son opposition à ces propositions des lois des députés nationaux Aubin Minaku et Garry Sakata, tous deux du FCC parti cher à Joseph Kabila Kabange, ancien président de la RDC.
Selon Edmond Issofa, président du syndicat national des magistrats du Congo (SYNAMAC), au regard de l’impact éventuel de ces propositions de lois sur toute la nation, le Chef de l’Etat a rassuré son soutien à l’indépendance de la justice.

ACTE 2: L’INTERPELLATION DE CELESTIN NTUNDA YA KASENDE MINISTRE DE LA JUSTICE

Après l’interpellation de Celestin Ntunda, ministre de la justice de l’obédience FCC pour avoir transféré l’avis du gouvernement en rapport avec les propositions des lois sur les reformes de la justice au bureau de l’Assemblée nationale, sans que cela fasse un objet de discution au sein du conseil des ministres, le PPRD se dit prêt à aller en cohabitation si son partenaire CACH le dit ouvertement.

C’était dans une déclaration faite mercredi 24 juin 2020 à Kinshasa, que le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a indiqué être prêt pour une cohabitation avec Cap pour le Changement (CACH). Le parti dirigé par Emmanuel Ramazani Shadary appelle ainsi son partenaire de la coalition à le dire clairement « au cas où la coalition ne leur arrangerait pas. «
Le PPRD a condamné les attaques perpétrées dans les domiciles de ses membres par les militants d’un parti politique et la violence observée à Lubumbashi comme à Kinshasa.

Face à cette situation, le PPRD a même exigé aux autorités judiciaires d’engager des poursuites à l’encontre des auteurs intellectuels de ces actes ignobles de vandalisme.

pour sa part le Front commun pour le Congo (FCC), promet de réserver des « réponses proportionnelles aux plans judiciaire, politique et parlementaire.

Avec des mots à peine voilés, le FCC a accusé l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir au sommet de l’Etat en RD Congo. Mais l’UDPS, par la bouche de son Secrétaire général Augustin Kabuya, intervenant à la Radiotélévision nationale congolaise, a nié toute implication de ses militants dans les actes des vandalismes connus dernièrement.

C’est dans ce tableau sombre que la république démocratique du Congo fête son 60 ème anniversaire de l’indépendance ce 30 juin 2020.

Gilbert Ngonga