Pierre-Olivier promet de remuer ciel et terre, et l’opinion en particulier, pour défendre son client Vital Kamerhe

l’avocat français du président de l’UNC dénonce le refus de visa pour Kinshasa et promet de remuer ciel et terre, et l’opinion en particulier, pour défendre son client. Interrogé, le ministère des Affaires dénonce la politisation de cette affaire, et affirme que ce homme en toge n’a pas rempli toutes les conditions pour son voyage pour la capitale congolaise.Ce qui n’était qu’une rumeur, vient de le confirmer. Me Pierre-Olivier Sur, l’avocat français de Vital Kamerhe, ne participera pas au procès en appel de son client. Motif, l’ambassade de la RDC en France lui a refusé le visa pour Kinshasa.

C’est ce que renseigne la lettre de cet avocat à son client, rendue publique le week-end dernier. Me Pierre-Olivier Sur, qui tenait à tout prix à plaider pour son client, au degré d’appel de cette affaire de détournement des deniers publics, qui démarre le 7 août prochain à la Cour d’appel de Kinshasa/Kinshasa se dit offusqué par ce refus de visa, qu’il trouve injustifié.Il rapporte que cette décision lui a été signifiée par le chargé d’affaires de l’ambassade de la RDC en France, à travers une audience qu’il lui a accordée dans son bureau.

Selon la correspondance, ce refus du visa est motivé par le fait, pour Pierre-Olivier, de ne pas prouver qu’un accord entre les deux pays l’autoriserait à plaider à Kinshasa.Une décision qui a profondément étonné cet avocat par son caractère inique. Il affirme avoir répondu au chargé d’affaires de l’ambassade de la France en RDC, en lui brandissant la “coutume internationale” qui fait que, dans les États d’Afrique de l’Ouest, qui partagent avec la France une langue et une culture juridique commune, tout avocat d’un pays membre peut plaider dans un autre à condition qu’il soit accompagné d’un confrère inscrit sur place.Ce qui signifie que les avocats des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest qui partagent la même culture juridique sont autorisés à plaider au sein de cet espace, à condition d’être accompagné des avocats inscrits au tableau du pays concerné.

DES DEMARCHES SANS SUCCES

Et pour le cas d’espèce, Me Pierre-Olivier Sur s’estime être dans le critère, car il voulait rejoindre le collectif d’avocats de Vital Kamerhe qui a plaidé au premier degré, dont Me Jean-Marie Kabengela Ilunga.Pour étayer son argumentaire, il indique avoir référé, sans succès, son interlocuteur aux bâtonniers des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, dans la partie Est de la RDC, qu’il a reçu en France durant son bâtonnat en 2015, dans le cadre de cette coopération sur le plan juridique et judiciaire.

Offusqué par l’attitude intransigeante du chargé d’affaires de l’ambassade de la RDC en France, Me Pierre-Olivier Sur dénonce ce qu’il qualifie de “non droit” dans l’affaire Vital Kamerhe. Il considère ce refus de visa comme la négation du droit de la défense, qui est l’un des principes fondamentaux du droit pénal, à son client.

“Quand on prive un homme du droit de se défendre, ce sont ses accusateurs, ses juges, et leurs chefs qui sont dégradés et même déshonorés”, a fait remarquer l’ancien bâtonnier de Paris.

Il se plaint de ce qu’il qualifie d’un recul à mettre dans le chef des fils du père de la décolonisation et de l’indépendance de la RDC. Pierre-Olivier rassure Vital Kamerhe qu’à défaut d’être son avocat officiel, il sera son défenseur officieux.”Si je ne peux être votre avocat plaidant, considérez moi, à l’image de mes confrères interdits d’exercer pendant les périodes de terreur en France, comme l’un de vos plaideurs officieux qui, empêché de plaider, remuera ciel et terre, et l’opinion en particulier, pour vous défendre”, a-t-il déclaré.Interrogé, le conseiller juridique du ministère des Affaires étrangères en RDC affirme que cet avocat de Vital Kamerhe n’a pas rempli toutes les conditions qui lui permettent de se rendre à Kinshasa pour défendre son client.

Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans des travaux forcés au premier degré pour détournement de deniers publics dans l’affaire “100 jours” volet maisons préfabriquées.

Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe l’a aussi privé de 10 ans d’éligibilité et de capacité d’assumer des fonctions publiques.