Les spéculations politiques aberrantes à propos de la sécurité de Jean-Pierre Bemba

A Kisangani Jean Pierre Bemba 678x381
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Un télégramme du Général Marcellin Assumani Issa Kumba, Commandant du Corps logistique des FARDC, adressé au Commandant du secteur opérationnel Nord Équateur donne l’instruction d’assurer la sécurité du sénateur honoraire et ancien vice-président Jean-Pierre Bemba en mettant à la disposition des armes et munitions. Le télégramme instruit également le commandant du secteur opérationnel de faire le rapport de l’exécution correcte de ces instructions.
En réalité, il s’agit d’un message adressé au commandant du secteur opérationnel Nord-Equateur dans la zone où séjourne actuellement le sénateur honoraire Bemba. C’est pour sa sécurité locale. Ce télégramme n’a rien à voir avec la conclusion des consultations nationales initiées par le Président. En tant qu’ancien vice-président, Jean-Pierre Bemba a droit à une protection rapprochée d’environ 12 hommes. Gemena se trouve dans un secteur des opérations militaires des FARDC où sa sécurité peut être menacée. D’où cette instruction adressée au commandant du secteur opérationnel local à Gemena. Il est fort probable que Bemba y soit allé sans les policiers de sa garde rapprochée. Ces deniers sont restés à Kinshasa alors que Gemena se trouve dans une zone assez instable militairement qui nécessite qu’il soit protégé.
Cette information a donné lieu à des spéculations virales infondées sur les réseaux sociaux. Plusieurs médias annoncent que Jean-Pierre Bemba pourrait être nommé informateur pour dégager une majorité parlementaire favorable au président Tshisekedi et font le lien erroné avec cette mesure. Jean-Pierre Bemba ne peut être nommé informateur tant que le Gouvernement n’est pas démissionnaire. Pour rappel, Tshisekedi et Bemba se sont rencontrés le 4 novembre 2020 dans le cadre des consultations nationales initiées par le président congolais. Les consultations qui se sont poursuivies encore hier soir par une rencontre discrète entre Bizima Karaha, l’ancien cadre de l’AFDL et ministre des Affaires étrangères de Laurent-Désiré Kabila et le président Félix Tshisekedi, à la demande du président rwandais Paul Kagame. L’information et certains détails relatifs à cette rencontre nous ont été livrés par une source diplomatique anonyme.
Deux autres sources de la Présidence de la république, proches du CNS, nous ont l’ont confirmée ce jour.
Au moment où l’opinion attend le discours présidentiel devant conclure ces conclusions, c’est au niveau de l’armée que l’inquiétude semble palpable. Au début de la semaine, le général Christian Tshiwewe Songesa, Commandant de la Garde républicaine (GR), l’unité chargé d’assurer la sécurité présidentielle, a tenu une causerie morale avec quelques éléments de son unité au Camp Tshatshi.
Cette rencontre faisait suite à des rumeurs des mécontentements au sein des éléments de la Garde républicaine, mais aussi à la suite des tracts militaires qui ont circulé ces derniers mois dénonçant les mauvaises conditions de vie des militaires en général. Il leur a exigé de rester apolitiques et fidèles au Président dont ils ont la mission d’assurer la protection. Hier mardi 30 novembre, le Président Tshisekedi a à son tour tenu une nouvelle causerie morale avec le Haut commandement militaire, les officiers généraux et commandants des grandes unités des FARDC et les hauts responsables et commissaires divisionnaires de la Police nationale congolaise. La cérémonie s’est déroulée moins de cinq mois après une précédente rencontre, le 11 juillet 2020, entre le président et le Haut commandement militaire. Une cérémonie boudée à l’époque par le général d’armée John Numbi qui se trouve depuis reclus à Lubumbashi en toute impunité. Les participants ont renouvelé leur fidélité et leur loyauté au chef de l’Etat en tant que commandant suprême des FADC et de la PNC par une déclaration lue par le général major Léon Richard, le porte-parole des FARDC.
Pour rappel, la Garde républicaine (GR) est l’unité des FARDC détachée auprès du président de la République et commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo. Elle est d’échelon division[1]. Ses effectifs théoriques tournent autour de 18.700 hommes[2]. En plus des missions communes dévolues aux Forces armées de la République démocratique du Congo, la GR a pour missions spécifiques d’assurer : — la garde et la protection du président de la République et de sa famille ainsi que des hôtes de marque; — la sécurité des biens et des installations présidentiels. Hormis une centaine de jeunes Luba recrutés en 2019, la majorité des éléments et commandants de la GR sont issus du Katanga et ont été conditionnés à faire allégeance à Joseph Kabila. Vers la fin du mandat constitutionnel de Joseph Kabila, entre 2015 et 2016, il y a eu une chasse des non katangais au sein de la GR, selon le témoignage de Pascal Kalonda, ancien garde du corps de Kabila en exil en Belgique.
La polarisation de la crise politique en RDC entre Tshisekedi et Kabila accroit le spectre d’intervention militaire dans la sphère politique dans une armée de plus en plus divisée.
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