Le 12 décembre 1970, Tabu Ley Rochereau devient le premier musicien africain à se produire à l’Olympia de Paris.

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Tout commence vers les années 1969 lorsque l’entourage de Tabu Ley Rochereau comprend qu’il faut sortir ce dernier du carcan national pour de nouveaux horizons. C’est là que naît le projet de jouer à L’Olympia de Paris. Messieurs Samba (que Paul Ndombe immortalisera plus tard) et Léon Xacis (tous deux Ivoiriens) mettent la main à la pâte.

Le Manager de Tabu Ley, Ngwango Isi Nyoma (dit Selija), les hommes du Président Mobutu (en l’occurrence Mokolo wa Mpombo Edouard, Umba-di-Lutete) approuvent aussi le projet. Le projet est préparé dans le plus grand secret.

Au sein même de l’African Fiesta National (l’orchestre de Tabu Ley), les musiciens les plus proches de Rochereau ne sont au courant de rien. Vers le début de l’année 1970, les deux ivoiriens invitent Mr Bruno Coquatrix (patron de l’Olympia de Paris) à Kinshasa. Ce dernier veut savoir à quoi ressemble cet orchestre congolais, surtout, cet artiste qui veut jouer dans son mythique music hall.

Un spectacle spécial est organisé à cet effet au bar Suzanella (sur l’avenue de l’Université, a quelques pas du rond-point Yolo Médical, quartier Mombele). Bruno Coquatnx est convainçu et accepte de recevoir Pascal Tabu sur les planches mythiques de l’Olympia de Paris. Le français passe même en direct sur la télévision nationale pour exprimer son satisfecit.

Tabu Ley Rochereau et ses musiciens passeront huit mois au Domaine présidentiel de la N’Sele, gracieusement offert par le Président Mobutu, pour préparer le spectacle de I’Olympia de Paris. Et ce 12 décembre 1970, en début de soirée, Rochereau monte sur la scène de L’Olympia de Paris où toutes les places ont déjà été vendues. Le concert est retransmis en direct sur les ondes de la Radio nationale en RD Congo.

A la tête de son African Fiesta National avec des musiciens comme Pépé Ndombe, Kassanda René (“Kare”), Empompo Loway, Mavatiku Michelino et autres. Pascal Tabu jouera 26 jours d’affilée (34 spectacles au total, excepté les dimanches), d’abord comme tête d’affiche pendant 16 jours, puis en première partie de Julien Clerc pour 10 jours concerts. Au retour de Paris, Rochereau et son African Fiesta National font un tour de triomphe à travers tout le pays, avec des chansons comme “Silikani”, “Mundi”, “Chéri Samba”, “Seli Ja”.

Le Président Léopold Sedar Senghor estime que Pascal Tabu ne peut pas en rester là. Il l’invite au Sénégal, lui qui, de sa propre main avait déjà eu peu avant, à adresser une lettre de félicitations et d’hommage à l’auteur de “Mokolo na kokufa”. Le voyage du Sénégal (particulièrement à Soumbe Djoum) les inspire. Ils donnent ce nom à une danse qui deviendra célèbre sous le nom de “Soum Djoum”. L’année suivante, fort de ce succès, Tabu Ley change le nom de son orchestre : l’African Fiesta National devient “Afrisa International”, comme pour marquer le passage de Rochereau à la scène internationale.

 

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