La crise en RDC s’aggrave après de nouveaux affrontements au Parlement

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Une crise politique en spirale en RD du Congo a été marquée par de nouveaux affrontements mardi dans le parlement détruit du pays, après quoi les députés soutenant le président Félix Tshisekedi ont décidé d’évincer le parti majoritaire fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

Au moins trois personnes ont été blessées au cours du deuxième jour des affrontements alors que des groupes rivaux, y compris des législateurs, se sont bagarrés et ont lancé des objets avant que la police ne soit déployée pour rétablir l’ordre, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Tension Dr Congo President Felix Tshisekedi Left And

Les tensions montaient depuis des mois sur un gouvernement de coalition fragile entre Tshisekedi, qui a pris le pouvoir l’année dernière après près de 20 ans de règne de Kabila, et le parti de son prédécesseur, qui détient une majorité parlementaire.

Dimanche, Tshisekedi a déclaré qu’il prévoyait de former une nouvelle coalition afin de faire adopter les réformes indispensables pour le géant en difficulté de l’Afrique subsaharienne.

Il a averti qu’il pourrait être contraint de dissoudre le parlement et de tenir de nouvelles élections.

Democratic Republic Of Congo

Les partisans de Kabila au Front commun pour le Congo (FCC), qui détient plus de 300 des 500 sièges à l’Assemblée nationale, ont réagi avec fureur, accusant Tshisekedi de violer la constitution.

Après que les législateurs pro-Tshisekedi ont saccagé lundi le podium de l’Assemblée, la salle plénière a été fermée, même si les législateurs des deux côtés avaient appelé à une session législative.

Les députés pro-Kabila se sont enfermés mardi au premier étage du bâtiment du Parlement, un vaste édifice construit en Chine des années 1970 appelé le Palais du Peuple, tandis que ceux du parti UDPS de Tshisekedi étaient au rez-de-chaussée, a déclaré un journaliste de l’AFP présent sur les lieux. .

Tshisekedi Supporters Gesture From A Kinshasa Bus On

Des projectiles ont plu pendant que des groupes rivaux se disputaient dans l’escalier avant que la police n’intervienne.

Cependant, une session plénière a eu lieu plus tard mardi, au cours de laquelle des pétitions ont été déposées pour la démission du président pro-Kabila de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et d’autres membres.

Mboso N’kodia Mpwanga, qui a présidé la session, a déclaré qu’elle avait réuni 279 des 500 députés – bien plus que le nombre de sièges détenus par des partis autres que le FCC.

Les membres ont également voté pour installer des remplaçants temporaires pour Mabunda et son équipe.

Aucun appel nominal n’a été fait et Mabunda n’était pas présent à la session, qui a été diffusée en direct à la télévision d’État.

“Nous avons assisté à un coup d’État parlementaire”, a déclaré à l’AFP le député pro-Kabila François Nzekuye.

Les pétitions seront examinées en séance plénière jeudi.

Le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme (UNJHRO) en RD Congo a écrit sur Twitter mardi soir qu’il “condamne fermement la violence dans et autour du Palais du Peuple, qui est incompatible avec les exigences d’une société démocratique”.

Les tensions ont déclenché l’alarme internationale, ravivant les souvenirs du long historique de volatilité de la République démocratique du Congo.

Les coups d’État et la guerre ont ensanglanté le récit de la RDC depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

L’ambassade américaine à Kinshasa a déclaré mardi qu’elle avait pris note de l’annonce de dimanche de Tshisekedi, ajoutant qu’elle “continuerait à soutenir un processus de réforme pour apporter le changement recherché par le peuple congolais”.

Dans une déclaration conjointe avec le Canada, la Grande-Bretagne, la Suisse, la Corée du Sud et le Japon, il a appelé “toutes les parties à rester de bonne foi et à s’engager pacifiquement dans le processus politique”.

L’Union africaine a, quant à elle, appelé les dirigeants du pays à “travailler résolument et sincèrement pour l’harmonie nationale et pour préserver la paix et la stabilité”.

Tshisekedi et la législature ont été choisis lors d’élections très retardées en décembre 2018 qui, bien que pacifiques, étaient entachées d’accusations de fraude.

Kabila a pris ses fonctions en janvier 2001, succédant à son père assassiné, Laurent-Désiré Kabila.

Toujours âgé de 49 ans, il conserve une influence considérable grâce aux alliés politiques et aux officiers qu’il a nommés dans les forces armées, et est également sénateur à vie.

 

La coalition au pouvoir est issue d’un pacte, toujours non publié, entre Tshisekedi et Kabila lors de la passation de pouvoir en janvier 2019.

Mais le besoin de partager le pouvoir a contrecarré l’engagement de longue date de Tshisekedi de promulguer une réforme institutionnelle et de lutter contre la corruption.

Des tensions ont éclaté au grand jour en juillet, lorsqu’il a nommé trois nouveaux juges à la plus haute cour, le Conseil constitutionnel.

La FCC a protesté avec colère et a boycotté la cérémonie d’assermentation des juges en octobre.

Deux jours plus tard, Tshisekedi a révélé l’ampleur de la discorde avec le gouvernement dominé par la FCC.

 

Ces pourparlers ont abouti à l’annonce dimanche de la recherche d’une nouvelle composition gouvernementale et de la menace de dissoudre le Parlement.

 

 

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