Kongo Central : Anatole Matusila déchu de son poste du président de l’assemblée provinciale

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Siégeant à la majorité absolue de 25 députés sur les 38 que compose l’Assemblée provinciale, les élus du Kongo central ont voté, à l’unanimité, le vendredi 2 octobre dernier, la destitution du speaker de la chambre et de son adjoint. Ces deux membres du bureau seront remplacés à l’issue d’un vote partiel prévu ce vendredi.

Peu avant cette décision, une commission ad hoc a été mise en place pour examiner les griefs mis à charge des incriminés. Les députés provinciaux du Kongo central reprochent au président Pierre Anatole Matusila et au vice-président Edouard Luzolo Luanganga, d’avoir saboté la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire de septembre, intervenue le 30 septembre dernier sur toute l’étendue de la République.

A cette date, le président Matusila avait préféré utilisé la voix des ondes pour annoncer l’ouverture de la session de septembre, alors que les élus provinciaux attendaient d’accéder au siège de l’organe délibérant pour assister officiellement au lancement desdits travaux.

Une vingtaine de députés avaient condamné, à travers la presse, cette manière de gérer la chambre de la part de leur président. Ils avaient appelé le numéro un du bureau de l’Assemblée provinciale à convoquer une plénière dans les 48 heures qui suivent. C’est cette même plénière qui a conduit à la destitution de ces deux premiers membres du Bureau.

GRIEFS

Trois autres griefs ont été également mis à charge des destitués. Il s’agit premièrement du fait d’avoir empêché les députés d’accéder à l’hémicycle le jour de l’ouverture de la session. Cet acte avait, d’ailleurs, suscité la colère des élus provinciaux, le 30 septembre dernier, jour de l’ouverture de la session. Ces derniers ont assiégé brutalement le siège de l’Assemblée provinciale. Ils auraient même cassé le cadenas des entrées pour accéder dans la salle.

Il est ensuite reproché au président Matusila d’avoir ordonné illégalement aux éléments de la Police nationale congolaise commis à l’Assemblée, de bloquer sans aucune explication les issues des installations de l’organe délibérant, voire de tous les bureaux administratifs.

Enfin, les élus du Kongo central n’ont pas cautionné le refus manifeste et permanent de Pierre Matusila de collaborer avec ses collègues du Bureau dans la prise de décision. Ce, en violation de l’article 30-20 de leur règlement intérieur.

REMPLACEMENT

Et pour couronner le tout, la plénière a décidé de la mise en place d’une commission ad hoc et temporaire, chargée de pourvoir au remplacement des personnes déchues, après l’organisation d’un vote dont les candidatures seront démocratiquement déposées à partir de demain mardi 6 octobre, avant la tenue du vote, le vendredi 9 octobre prochain.

De nombreux observateurs estiment que cette destitution du président Matusila va mettre fin à la crise institutionnelle qui mine la province du Kongo central depuis des mois, en freinant ainsi son décollage.

Des escalades de tensions entre le gouverneur de la province, Atou Matubuana, et le président de l’Assemblée provinciale, Pierre Matusila, n’ont pas aidé la province. Ce dernier ne considérait plus le gouverneur de la province et ne jurait que par sa démission.

Pour sa part, le Gouverneur du Kongo central avait déjà éclairé la lanterne du parquet général près la Cour constitutionnelle, qui, à travers une correspondance, lui avait demandé de démissionner de ses fonctions du chef de l’Exécutif provincial. A en croire Atou Matubuana, cette affaire a été déjà vidée de sa substance par les différentes juridictions du pays.

Le rebondissement du procureur général près la Cour constitutionnelle n’était que le fruit d’une erreur glissée lors de l’étude du dossier. Il avait aussi fait constater que le président de l’Assemblée provinciale avait induit en erreur le procureur général lors de la sollicitation de l’exécution de l’arrêt d’interprétation, rendu en matière non contentieuse par la Cour constitutionnelle sous R.Const 1171, le 29 mai dernier.

REACTION DES DEPUTES

Cette affaire nécessitait l’implication des autorités nationales en vue de rétablir la paix dans cette province. Elle a été même évoquée, le vendredi dernier, au Conseil des ministres. Le gouvernement avait constaté que, sur les 26 provinces que compte le pays, seules 25 ont ouvert la session de septembre, à l’exception du Kongo central.

Le gouvernement avait promis de s’e pencher sur la question en vue de mettre un terme à la crise institutionnelle au Kongo central. Et pendant ce temps, les élus provinciaux prenaient déjà leurs responsabilités en mains, en retirant toute la confiance au président Matusila.

Source : forumdesas

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