Haut-Uélé : Ebola et précarité freinent la rentrée scolaire
Au Haut-Uélé, la rentrée 2026-2027 peine à décoller : la peur d'Ebola et le poids des frais scolaires tiennent des élèves à l'écart des classes. Les autorités sanitaires alertent.

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La rentrée scolaire 2026-2027 a bien eu lieu au Haut-Uélé, mais les salles de classe ne se sont pas remplies. À Isiro et dans d’autres localités, la peur d’Ebola et la précarité des familles pèsent sur la reprise des cours. Six semaines après le lancement officiel de l’année, les autorités sanitaires de la province s’inquiètent des conséquences de l’épidémie sur les familles.
Une rentrée au ralenti dès le 1er septembre
Selon Actu26, l’année scolaire a officiellement commencé le mardi 1er septembre dans la province. Dans plusieurs écoles, les enseignants étaient présents, mais les élèves étaient largement absents. À l’école Anoalite de Mayogo, des enseignants ont répondu à l’appel du ministère de l’Éducation nationale, mais peu d’élèves étaient en classe. Au complexe scolaire moderne ACBN d’Isiro, les activités ont démarré dans une ambiance relativement organisée.
Actu26 attribue ce faible retour à deux causes. D’abord la crainte de la maladie : certains parents gardent leurs enfants à la maison malgré les mesures de prévention annoncées par les écoles. Ensuite les difficultés économiques, les frais scolaires pesant lourd dans le budget de certaines familles. Les responsables des écoles de Mayogo et d’Anoalite ont rappelé que l’année scolaire avait bien commencé et appelé les parents à y envoyer leurs enfants.
Six semaines plus tard, la reprise reste timide
Le 13 octobre, l’Agence congolaise de presse (ACP) rapportait que la reprise des cours restait timide dans plusieurs établissements du Haut-Uélé en raison d’Ebola. Selon l’agence, les cours n’avaient pas repris dans certaines écoles d’Asese 10. À Wamba, le calendrier académique de l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) est perturbé et les cours n’ont toujours pas repris.
Le chef de la Division provinciale de la santé par intérim, le docteur Fines Mola, a pris la parole à l’issue d’une réunion de planification de la lutte contre Ebola. « Nous enregistrons les conséquences de la maladie au sein de la communauté », a-t-il déclaré, ajoutant que l’épidémie a aussi pour conséquence « l’augmentation du nombre d’orphelins dans plusieurs familles ».
Lavage des mains : un plaidoyer pour les écoles et les églises
À l’issue de cette réunion, un plaidoyer a été lancé pour renforcer les kits de lavage des mains dans les écoles et les églises, rapporte l’ACP.
Ce que le gouvernement a prévu pour les zones à risque
Au niveau national, la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, avait annoncé le 18 août un enseignement à distance dans 18 zones de santé à haut risque d’Ebola dès la rentrée 2026-2027, rapporte Radio Okapi. Des contenus pédagogiques doivent être préparés toutes les quatre semaines, imprimés, distribués et diffusés par les radios locales et communautaires. L’objectif affiché est d’assurer la continuité des apprentissages tout en limitant la propagation de la maladie dans les écoles. La ministre a aussi insisté pour qu’une personne malade ne se rende pas à l’école.
Ce que ça change pour les familles
Pour les parents du Haut-Uélé, le dilemme est concret : la crainte d’Ebola d’un côté, le poids des frais scolaires de l’autre. Les responsables d’école appellent à renvoyer les enfants en classe, et la Division provinciale de la santé plaide pour des kits de lavage des mains dans les écoles et les églises. Les semaines à venir diront si cette mobilisation suffit à ramener les élèves.




