Felix Tshisekedi gagne son pari, le FCC a l’heure de l’autocritique

Felix Tshisekedi

Le deuxième épisode de la guéguerre FCC-CACH, aux allures des guerres puniques entre la Rome antique et Carthage (264 av J-C. à 146 av.J-C), s’est soldée hier jeudi 10 décembre, par la victoire décisive du Camp présidentiel sur celui de son allié, Joseph Kabila. Quatre membres du bureau de l’Assemblée nationale, tous issus du FCC ciblés par des pétitions individuelles, n’ont pas résisté à la nouvelle dynamique impulsée par Félix Tshsisekedi à la Chambre basse. Jeanine Mabunda, speaker de la chambre et quatre autres sont tous tombés, sous les regards hagards de leurs “coéquipiers” de la Kabilie, présents hier à l’hémicycle.

 

Quelle leçon tirer du vote majoritairement favorable à la déchéance des cinq membres du désormais ancien bureau de la Chambre basse. A priori, y en a deux. La première leçon et la plus importante est que le successeur de Joseph Kabila a gagné son pari de l’Union sacrée de la nation, sur fond d’une nouvelle majorité parlementaire. La seconde, non des moindres, est que le camp Kabila ne peut plus se prévaloir de sa majorité écrasante issue des législatives du 30 décembre 2018.

 

Cependant, si après le divorce FCC-CACH, officiellement prononcé par Félix Tshisekedi, dans son discours du dimanche 6 décembre courant, ce qui s’est passé hier à l’Assemblée nationale peut être considéré comme la deuxième étape-clef de la guéguerre, la suite suscite plusieurs interrogations. La première est celle de savoir jusqu’où va aller le Président Félix Tshisekedi qui se montre à ce jour plus que déterminé à en découdre avec le régime de son prédécesseur ? La dynamique observée hier dans la salle des Congrès, va-t-elle également s’étendre sur le Sénat ? L’homme du 24 janvier 2019, ira-t-il également jusqu’à bouger les lignes dans les Assemblées provinciales dont le FCC détient près de 90% des parts de marché ?

 

LA KABILIE A L’HEURE DU DECOMPTE

 

Si l’échec est une opportunité, la “défénestration” de cinq représentants du FCC au perchoir de la Représentation nationale, doit interpeller les hiérarques de la famille politique de Joseph Kabila. A la lumière du verdict de la plénière d’hier, on ne doit plus se leurrer. Il est donc bien clair que le FCC a perdu sa majorité au Parlement. Sinon, Jeanine Mabunda, Boniface Balamage, Célestin Musau et les deux autres membres visés par les pétitions examinées hier, n’auraient pas été déchus.

 

Question. Que reste-t-il encore à faire ? Ou, plus exactement, que compte faire le FCC après sa “débâcle” face à un adversaire considéré par le passé comme un poids mouche, mais qui à ce jour, s’est révélé un véritable poids lourd “difficile” à vaincre ? Dès lors que plus de 250 députés ont voté OUI, la pétition contre Jeanine Mabunda, cela veut dire que même des députés FCC ont gonflé les rangs du camp adverse.

 

Fort de cette évidence, d’aucuns estiment que désormais, l’heure doit être au décompte au sein de la famille politique de Joseph Kabila. L’exercice consiste à chercher à connaitre le nombre exact des anciens députés nationaux FCC transhumés. Dit autrement, le patron du dorénavant ex-majorité parlementaire, est appelé à refaire le compte. Combien ont tourné le dos à la plateforme? Combien sont encore restés fidèles à Joseph Kabila, autorité morale de leur famille politique ?

 

REFONDRE LE SYSTEME OU MAINTENIR LE STATU QUO

 

A l’issue de l’exercice de comptage ou de recomptage- c’est selon- d’aucuns estiment que le FCC devra se soumettre à une sorte d'”autopsie”. Cette introspection doit être soutenue par une question fondamentale, sinon existentielle sur l’avenir même de cette plateforme créée en juin 2018 à Kingakati. La question est celle de savoir s’il faut refondre le système en interne, c’est-à-dire refaire le leadership ou maintenir le statu quo. Entre les deux options, nombre d’observateurs estiment que les hiérarques de la Kabilie devraient donc choisir la seconde qui semble être la plus plausible.

 

Ceux des analystes qui suggèrent cette approche au FCC, considèrent le sort de Jeanine Mabunda et celui des quatre autres membres de l’ex- Bureau de l’Assemblée nationale, comme la conséquence directe ou irréfutable d’un déficit de casting. Cette faiblesse s’est ressentie hier dans la salle des Congrès du Palais du peuple, au cours de l’examen des pétitions sus-évoquées et du vote subséquent. En dépit de tout ce qui lui est arrivé, le FCC qui se constitue désormais en une plateforme de l’Opposition, doit-il continuer avec la même formule et les mêmes animateurs ou doit-il envisager une révolution de palais ?

 

Vu des observateurs, il s’agit donc là, de vraies questions que doit se poser Joseph Kabila, au cas où il voudrait bien rebondir.

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