FCC-CACH : Un émissaire du Président kényan pour rapprocher Felix Tshisekedi et J.Kabila

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Hier, Stephen Kalonzo Musyoka s’est entretenu séparément avec le Président de la république démocratique du Congo et avec son partenaire du FCC, quoi que rien n’a filtré jusque-là de ces deux rencontres.

Un émissaire du président kenyan séjourne à Kinshasa depuis hier mardi 24 novembre. Candidat à la présidentielle du 27 décembre 2007, deux fois ministre des Affaires étrangères dans son pays, Stephen Kalonzo Musyoka apporte un message confidentiel du président Uhuru Muigai Kenyatta à Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, les deux chefs de file de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo.

Aux dernières nouvelles, attestent des sources concordantes, le messager du chef de l’Etat kenyan s’est entretenu séparément avec le Président de la république en exercice en RDC et avec son prédécesseur. Bien que, jusque-là, rien n’a filtré de ces deux rencontres.

Cette visite intervient au moment où Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, en froid depuis quelques mois, ont du mal à maintenir leur coalition, au regard des divergences dans la gestion des affaires publiques. Les deux plateformes qu’ils pilotent, le Cap pour le changement (CACH) du premier et le Front Commun pour le Congo (FCC) du second, se torpillent mutuellement et menacent de faire voler en éclat leur coalition.

UNE VISITE AU CREPUSCULE DES CONSULTATIONS

C’est dans ce contexte que le Président Félix Tshisekedi a initié, en date du 2 novembre dernier, des consultations nationales en vue de recueillir les avis des acteurs politiques et des forces vives de la Nation à propos de l’avenir même de la coalition. Ces consultations qui s’achèvent, en principe, ce mercredi 25 novembre visent particulièrement à fragiliser la majorité parlementaire, actuellement sous la coupole du FCC.

Déterminé à créer une nouvelle majorité parlementaire qui ne serait plus sous le contrôle de Joseph Kabila, le chef de l’Etat s’attend à reconfigurer la proportion des forces politiques présentes dans les institutions à travers une dynamique qu’il a dénommée “Union sacrée pour la Nation”. Un appel qui semble faire de vagues au sein du camp des partenaires du FCC, dont nombre de membres de la kabilie s’emploient de plus en plus à boycotter les mots d’ordre du regroupement, en s’inscrivant sur la longue ligne d’attente des candidats aux consultations présidentielles.

LA BROUILLE AU SEIN DE LA COALITION FCC-CACH

Accusant le CACH de débaucher dans ses rangs pour obtenir des défections en cascade au sein du plus important regroupement de l’alternance, les lieutenants du FCC estiment qu’il n’est pas opportun de mettre en péril la coalition au pouvoir, en visant notamment à dissoudre le Parlement, Assemblée nationale et Sénat inclus, y compris le Gouvernement.

Dans le camp de Joseph Kabila en effet, on ne cesse de reprocher au porte-étendard du CACH de procéder à une série de nominations sans se concerter avec les partenaires du FCC, conformément à l’accord du partenariat qui les unit. Le cas des nominations au portefeuille, dans l’armée… et dans la justice. Le dernier couac en date étant la nomination des trois juges de la Cour constitutionnelle.

Et donc, pour protester contre ce qu’ils qualifient de violation de la Constitution et de ”dérive du pouvoir”, les ténors du FCC ont décidé de boycotter la cérémonie de prestation de serment de ces trois juges au Palais du peuple le mercredi 21 octobre. Ce jour-là en effet, ni les présidents des deux chambres du Parlement, ni le Premier ministre et nombre de membres du Gouvernement issus du FCC n’ont osé se présenter à l’Hémicycle, laissant le chef de l’Etat présider seul la cérémonie, soutenu juste par une frange de ses fidèles au sein des institutions.

LES BONS OFFICES DE L’EGLISE

C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Conscient du danger qui menace son pouvoir, Félix Tshisekedi à dû prononcer son bref discours de 6 minutes le 23 octobre dernier, annonçant dans un bref délai la tenue des consultations nationales. Mal perçue côté FCC, cette initiative, considérée comme une menace de guerre, continue à susciter des réactions véhémentes dans le camp de Joseph Kabila.

Cette atmosphère, qui sent le roussi, présage des lendemains maussades pour la RDC. Non seulement au niveau national, mais aussi sur l’échiquier international. Surtout à la veille de la présidence de l’Union africaine que la RDC s’attend à briguer en 2021. Convaincus qu’il est nécessaire de balayer d’abord chez soi avant d’aller balayer la cour d’autrui, les princes de l’Eglise catholique et protestante ont amorcé une nouvelle démarche, visant à concilier les vues entre le Président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila.

STEPHEN KALONZO EN SAPEUR-POMPIER

Sur leurs traces, Stephen Kalonzo Musyoka, l’émissaire du Président kenyan, Uhuru Kenyatta, arrive en sapeur-pompier. Le Kenya, en effet, passe pour le berceau même de la plateforme électorale “Cap pour le changement” (CACH). C’est dans ce pays de l’Afrique de l’Est que, sous la médiation du Président kenyan Uhuru Kenyata, l’actuel chef de l’Etat congolais, Félix Antoine Tshisekedi, et son Directeur de cabinet d’alors, Vital Kamerhe, tous deux candidats à la présidentielle du 30 décembre 2018, avaient convenu de faire bloc, après le retrait de leurs signatures de l’Accord de Genève, qui présentait Martin Fayulu comme le candidat commun de l’opposition audit scrutin.

On se souvient que le Chef de l’Etat kenyan a été le seul Président africain présent à la cérémonie de prestation de serment de Fatshi le jeudi 24 janvier au Palais de la Nation. Et pour lui rendre la pareille, le nouveau Président congolais avait décidé de commencer sa première tournée africaine à Nairobi, après son investiture.

Modèle de réconciliation, le Kenya inspire les autorités congolaises par l’accord qu’ont signé, le 10 mars 2018, Kenyatta et Odinga, le chef de l’Etat en exercice et son farouche opposant qui, après les élections, ont opté pour une gestion pacifique du pouvoir, après des réactions violentes de leurs partisans.

UN EMISSAIRE DE MACRON A KINSHASA

A la suite de l’émissaire du Président kenyan, le président français, Emmanuel Macron, vient également de dépêcher son envoyé à Kinshasa. Christophe Bigot, le Directeur Afrique du ministère français des Affaires étrangères, s’est rendu chez le Président honoraire Joseph Kabila le dimanche 22 novembre dernier à Kingakati.

Selon un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, l’émissaire de Macron a remis au numéro un du FCC le message de sa hiérarchie et fait un tour d’horizon de la situation politique du pays. Christophe Bigot a souligné que “l’entretien s’est déroulé dans une ambiance de convivialité, et a beaucoup apprécié la sagesse du Président honoraire”, mentionne le communiqué.

La même démarche, le Directeur Afrique du ministère français des Affaires étrangères l’a menée auprès du chef de l’Etat en exercice, Félix Tshisekedi, attestent des sources concordantes.

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