Fatshi : L’ultime bataille pour gagner le pari de l’union sacrée !

Felix Tshisekedi President Compressed
Felix Tshisekedi President

C’est officiel. La Chambre basse du Parlement congolais est convoquée en session extraordinaire dès ce mardi 5 janvier jusqu’au mercredi 3 février. C’est ce qu’annonce un communiqué signé le 22 décembre dernier par Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, Président du Bureau d’âge de l’Assemblée nationale.

 

Selon la source, quatre points figurent à l’ordre du jour de ladite session. Il s’agit, premièrement, de la poursuite de l’examen des pétitions individuelles à charge d’un membre de l’ancien Bureau de la Chambre basse. Ensuite, de l’élection et l’installation des membres du nouveau Bureau définitif. S’ajoutent à ces deux premiers points, l’examen des projets de loi de ratification et le contrôle parlementaire.

 

En ce qui concerne le premier point, la plénière devra délibérer sur le sort du questeur adjoint de leur chambre, seul rescapé de l’ouragan ayant emporté tous les six autres membres du Bureau Mabunda, le 10 décembre dernier. L’opinion se rappellera que M. Innocent Vakpa Unyon avait piqué une crise d’Accident cardiovasculaire (AVC), dans la nuit du mercredi 9 à jeudi 10 décembre. Soit, à quelques heures de la plénière. L’information avait été livrée au bureau d’âge par Boniface Balamage, ancien 2ème vice-Président de la Chambre basse. Ainsi, pour des raisons humanitaires, l’examen de la pétition contre l’argentier assistant de la Représentation nationale avait été postposé.

 

Toutefois, plus d’un observateur, sans être des prophètes de malheurs, anticipent pour dire que le sort d’Innocent Vakpa est déjà scellé. En tout cas, on ne voit pas par quelle magie, ce dernier pourrait l’échapper belle, face à une plénière déterminée à en découdre avec l’ancienne équipe dirigée par Jeanine Mabunda, la toute première femme dans l’histoire du pays, élue au poste de Président de la Chambre basse du Parlement. D’ores et déjà, de nombreux observateurs, prenant en compte les nouveaux enjeux politiques, notamment à l’Assemblée nationale, pensent que le maintien du questeur adjoint de la Représentation nationale à son poste relèverait d’un miracle. Sinon, une exception qui confirmerait la règle.

 

L’ULTIME “GUERRE” POUR FASTSHI ?

 

Après la déchéance du Bureau Mabunda, de nombreux analystes considèrent cette étape comme une bataille gagnée par le Président Félix Tshisekedi, dans la matérialisation de son projet d’Union sacrée de la nation. Dès lors que 281 députés nationaux se soient prononcés pour le départ de l’ancienne président de l’Assemblée nationale, d’aucuns estiment, à priori, que le Chef de l’Etat bénéficie, depuis le 10 décembre, de toutes les faveurs des pronostics. En d’autres termes, l’émiettement de l’ancienne majorité parlementaire est désormais un acquis, après la dissolution le 6 décembre dernier, de l’ex-coalition FCC-CACH.

 

Cependant, certains analystes estiment que tout n’est pas encore totalement gagné pour le Chef de l’Etat. Tant mieux, si les résultats des votes de différentes pétitions lors de la plénière du 10 décembre dernier, traduisent réellement la volonté des députés nationaux de doter le pays d’une nouvelle coalition majoritaire, en vue d’une refondation de l’action gouvernementale.

 

Cependant, la sagesse renseigne que la politique de la porte ouverte expose parfois le berger, au risque de faire entrer même les animaux les plus dangereux dans la bergerie. Disons simplement les choses que la plupart des acteurs politiques qui diabolisent ou vilipendent ce jour l’ancien Président Joseph Kabila, pour l’Union sacrée de la nation, sont les mêmes qui l’ont encensé pendant les dix-huit ans de son règne. Cela ne devrait donc pas échapper à l’actuel chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi qui, incontestablement, connait les joueurs, le jeu et le terrain.

 

D’ores et déjà, d’aucuns pensent que l’effervescence actuelle autour du successeur de Joseph Kabila n’est pas du tout innocente. Nombreux sont ceux qui attendent des postes au Gouvernement, soit dans les entreprises du Portefeuille. Dans ces conditions, la bataille aux cornes des candidats aux différents postes du futur Bureau de l’Assemblée nationale, permettra à Félix Tshisekedi de jauger le degré de sincérité de ses nouveaux partenaires.

 

Tout bien considéré, la session extraordinaire de l’Assemblée nationale qui commence ce mardi, se veut l’ultime étape de la guerre que mène l’actuel Chef de l’Etat, via les députés nationaux, dans sa quête d’une nouvelle coalition majoritaire. Car, au cas où il y aurait des députés FCC qui avaient effectivement voté pour le départ de Jeanine Mabunda, mais sans pour autant quitter la Kabilie, Félix Tshisekedi serait alors obligé de trouver d’autres algorithmes pour résoudre l’équation de l’Union sacrée de la Nation.

 

“FORMALISER LA MOTION DE CENSURE CONTRE LA PREMIER MINISTRE”

 

Entre la clôture de la session ordinaire de septembre le 15 décembre dernier dans les deux chambres du Parlement, et le 5 janvier date d’ouverture de la session extraordinaire à l’Assemblée nationale, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le premier fait notable est la désignation, le 31 décembre, d’un informateur pour identifier une nouvelle coalition majoritaire à la Chambre basse. Et, c’est la mission que le Chef de l’Etat a confiée à Modeste Bahati, commandant en chef de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC et alliés), regroupement politique ayant un grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale.

 

Le deuxième fait, non des moindres, est la réception dimanche 3 janvier par le Président Félix Tshisekedi, des députés ayant adhéré à l’Union sacrée de la nation. Il a, à cette occasion, évoqué le cas particulier de tous les élus qui ont quitté le Front commun pour le Congo (FCC) pour la nouvelle coalition.

 

“Que personne ne vienne vous intimider. Vous n’avez trahi personne”, a assuré Félix Tshisekedi qui s’est montré singulièrement confiant. Et d’ajouter : “Vous avez gagné une bataille et vous allez gagner la guerre. Vous ne devez pas en rester là. C’est vous qui allez écrire l’histoire de ce tournant ensemble avec moi”. a-t-il conclu.

 

Tout en rassurant ses hôtes de sa disponibilité à être à leurs côtés, le successeur de Joseph Kabila considère que la RD Congo est en train de négocier un tournant important de son histoire. “J’ai tenu à vous rencontrer parce que nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays, un tournant dont vous êtes les acteurs principaux”, a-t-il souligné.

 

Nous avons donc évoqué ces deux faits pour amener le Congolais lambda à comprendre la situation actuelle du pays. Il s’agit d’une situation toute particulière, où le Chef de l’Etat confie une mission d’information à une personnalité, sur pied de l’article 78 de la Constitution. En même temps, le Premier ministre, émanation de l'”ancienne” majorité parlementaire continue à exercer ses fonctions. Que disent exactement les textes sur ce cas de figure ? Il appartient désormais aux spécialistes du droit constitutionnel d’éclairer la lanterne de l’opinion sur ce sujet qui fait grand polémique sur les réseaux sociaux.

 

S’exprimant sur Top Congo FM au sujet de la situation du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le député MLC Daniel Mbau a déclaré que le sort de l’actuel locataire de la Primature sera réglé au cours de la session extraordinaire qui s’ouvre ce mardi. “Nous avons déjà actionné la motion de censure contre le Premier ministre et même recueilli un plus grand nombre de signatures. Il ne nous reste plus qu’à formaliser la motion. C’est ce qui sera fait dans les prochains jours, dans le cadre du contrôle parlementaire inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire de notre chambre parlementaire”, a-t-il soutenu.

 

A la question de savoir si la motion de défiance contre le Premier ministre ne procède pas d’un règlement des comptes, le même député rétorque : ” Nous avons demandé au Premier ministre de faire preuve d’élégance, en présentant au Président de la République sa lettre de démission. C’est ce qu’il n’a pas fait, hélas ! Ici, Il faut préciser que le problème ne se pose pas en termes de Premier ministre comme personne, mais de la fonction de Premier ministre, compte tenu de la nouvelle donne dans notre chambre parlementaire”.

 

Vu des analystes, la session extraordinaire qui s’ouvre ce mardi à l’Assemblée nationale, pourrait s’avérer celle de toutes les agitations. Frénésie d’abord au niveau du choix des candidats à tous les sept postes du Bureau définitif à pourvoir. Car, après avoir gagné la bataille de la déchéance de l’équipe Mabunda, Félix Tshisekedi devra gagner la guerre de la gestion des ambitions de ses nombreux et nouveaux alliés de l’Union sacrée de la nation. L’agitation ensuite, quant au sort des députés nationaux qui ont délibérément quitté leurs partis ou regroupements politiques pour rejoindre le camp de l’Union sacrée.

 

Toujours est-il que pour ce deuxième cas de figure, l’article 110 de la Constitution, dispose à son alinéa 4 que “tout député national ou tout sénateur qui quitte délibérément son parti politique durant la législature est réputé renoncer à son mandat parlementaire obtenu dans le cadre dudit parti.”

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