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Fatshi laisse confus les thuriféraires arrogants de l’Union sacrée

par Redaction
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Jusqu’où irait le bras de fer entre l’Eglise catholique en RD Congo et l’Etat ? Subsidiairement, à qui profiterait ce conflit ? A priori, pas au Président Félix Tshisekedi qui ne fait plus aucun mystère autour de sa candidature à la présidentielle constitutionnellement prévue en 2023. Dès lors que les Eglises catholique et protestante avaient publiquement déclaré qu’elles n’accompagneraient pas le processus électoral en cours, cette prise de position plantait, d’ores et déjà, le décor de la contestation des résultats de prochaines élections.

Ainsi, pour conjurer la crise et préserver la cohésion et l’unité nationales, le Président Félix Tshisekedi a dépêché dans la soirée du mardi 23 novembre, une mission de paix composée de quatre hautes personnalités auprès de l’évêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo. A savoir, Christophe Mboso et  Modeste Bahati, respectivement président de l’Assemblée nationale et du Sénat. Les deux chefs de corps ont été accompagnés du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde et du Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité, François Beya.

Au sortir de leur visite au cardinal Fridolin Ambongo, les quatre émissaires de Fatshi ont déclaré avoir passé sous scannage, toutes les questions brûlantes de l’actualité du pays, rassurant que le malentendu a été bel et bien dissipé. Désormais, il n’y a donc plus de problème entre l’Etat congolais et l’Eglise catholique qui se sont résolument engagés à repartir sur de nouvelles bases. Qui s’en plaindrait ?

DES FLAGORNEURS CONFUS ?

Très loin de nous, l’intention délibérée de vouloir tourner le couteau dans la plaie. Néanmoins, il y a lieu de reconnaitre que l’initiative de Christophe Mboso Nkodia et Modeste Bahati, deux architectes de la nouvelle Majorité parlementaire en décembre 2020, donne plusieurs leçons. La plus importante à retenir est que l’humanité, comme le disait Karl Marx, ne crée que des problèmes qu’elle est capable de résoudre. Autrement dit, quelle que soit l’ampleur de la crise, l’arme de dialogue est plus efficace que le dialogue des armes.

Par ailleurs, en envoyant une «mission» de réconciliation chez le successeur de l’immortel Laurent Monsengwo Passinya, le Président de la République, garant constitutionnel de la cohésion nationale et du bon fonctionnement des institutions, laisse confus les thuriféraires officiels de l’Union sacrée. Ceux-là même qui ont cru tirer leur gloriole de cette crise, en tenant des philippiques contre des responsables de l’Eglise catholique. En l’occurrence, le cardinal Fridolin Ambongo.

L’opinion se rappelle qu’au début du conflit en juillet dernier, ces acteurs politiques, outrageusement flatteurs, s’étaient accordés avec des coryphées du nationalisme tribalo-ethnique, pour tirer à boulets rouges sur l’Eglise catholique. Que  n’a-t-on pas entendu et lu sur les réseaux sociaux ? Voire dans certains médias traditionnels stipendiés?

Tout le péché impardonnable des Eglises catholique et protestante aura été leur dénonciation collective des irrégularités ayant couronné le processus de désignation de Denis Kadima, remplaçant de Corneille Nangaa à la présidence de la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Ne pouvant admettre la moindre critique,  ces flatteurs ont composé une sorte de mélodrame. A longueur de journée, ils ont pondu des sornettes contre les responsables des deux églises, comme si le principe sacro-saint de l’Eglise au milieu du village, enjoignait celle-ci à prendre position pour le plus fort !

TOUS TAPIS DANS UN SILENCE ETONNANT

Après que l’Etat et l’Eglise catholique ont fumé le calumet de la paix, d’aucuns pensent que les mêmes qui ont vilipendé les princes de l’Eglise de Kinshasa, devraient prendre leur courage entre les deux mains, pour saluer la rencontre du mardi 23 novembre à l’Archevêché de Kinshasa. Hélas ! Il s’avère que tous ces «reporters du Petit Vingtième» s’illustrent encore à ce jour, par un silence assourdissant qui suscite des interrogations.

Au-delà de ce qui avait l’air d’une agitation contre l’Eglise catholique, la réalité dans le Congo profond reste têtue. C’est qu’il existe encore à ces jours, des coins de l’immense territoire congolais où les populations ne bénéficient de services de l’Etat. Par conséquent, c’est grâce à l’Eglise que ces populations ont  accès, par exemple, à des soins de santé primaires. L’Eglise catholique a installé des BDOM (Bureaux diocésains d’œuvres médicales) pour une prise en charge des malades. Parfois, avec les moyens du bord.

Et, par ailleurs à l’organisation des élections, personne ne peut nier le rôle combien important de l’Eglise catholique qui, sans lésiner sur les moyens, déploie des observateurs jusque là où ne peuvent arriver les agents de l’Etat. Et souvent, c’est l’Eglise qui appuie la Centrale électorale dans le déploiement des kits électoraux. Fort de cette réalité qui sonne comme des évidences, vouloir s’engager dans un bras de fer avec les catholiques, serait une manière d’hypothéquer les opérations électorales dans plusieurs parties de ce pays continent.

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