Lomami : grenier agricole en devenir ? Ce que disent les annonces, de Ngandajika à Mwene-Ditu
Le Lomami est régulièrement présenté par ses autorités comme un futur grenier agricole. Champs de maïs, intrants, huile d'arachide, chemin de fer : tour d'horizon de ce qui a été annoncé et rapporté depuis 2022.

Connectez-vous pour sauvegarder et personnaliser
Kabinda, Mwene-Ditu, Ngandajika : dans le Lomami, au centre de la RDC, l’agriculture revient dans presque toutes les annonces des autorités. Le gouverneur Iron Van Kalombo présente la province comme un grenier potentiel du Grand Kasaï et du pays. Que rapportent les médias sur ce qui se fait concrètement ?
Une société agropastorale et 200 hectares
En septembre 2025, lors du lancement de la campagne agricole de la saison A, le gouverneur a décrit, selon l’ACP, un potentiel fondé sur le sol, le climat et une population travailleuse. Il a créé une société agropastorale provinciale, la SAPLOM, dont les missions sont de lancer et de gérer un projet agricole structurant, de soutenir la mécanisation et de relier les agriculteurs aux marchés.
L’agence rapporte que la SAPLOM a présenté des premiers résultats sur 200 hectares de maïs et de haricots, dans les territoires de Ngandajika et de Luilu. Aucun rendement ni volume de production n’est donné dans ce compte rendu. La ministre provinciale de l’Agriculture, Doris Kayoka, a annoncé que la campagne doterait la province de brigades agricoles motorisées.
Octobre 2026 : semences et engrais à Ngandajika
Un an plus tard, la nouvelle saison a démarré sur le même terrain. Selon l’ACP, un atelier d’orientation destiné aux opérateurs locaux s’est tenu à Ngandajika, suivi d’une distribution d’intrants, des semences et des engrais, pour lancer la campagne agricole 2026-2027. L’activité est organisée par le Fonds social de la RDC (FSRDC), dont le coordonnateur national, Philippe Ngwala, présidait la cérémonie.
Le financement vient de la Banque africaine de développement, dans le cadre du Projet d’appui au développement des chaînes de valeur, rattaché au Programme de transformation de l’agriculture. L’ACP ne donne ni les quantités distribuées ni le nombre de bénéficiaires.
Transformer sur place : l’exemple de l’huile d’arachide
En avril 2022, Radio Okapi a présenté à Kabinda une unité de fabrication d’huile d’arachide installée par la fondation Jean-Baptiste Nkongolo Kabila Mutshi. À l’époque, la machine était en phase expérimentale, avec une production de 500 litres par semaine. Selon le technicien de la fondation, l’Office congolais de contrôle avait certifié l’huile, et des ventes étaient envisagées à Mbuji-Mayi, Mwene-Ditu, Lubumbashi et Kinshasa.
Le rail, pour sortir les récoltes
Produire ne suffit pas : il faut aussi évacuer. En août 2025, l’ACP a rapporté qu’une délégation de la Primature et de l’entreprise chinoise Zhong Xi était à Mbuji-Mayi pour un projet de chemin de fer entre Mbuji-Mayi et Mwene-Ditu, à partir de l’embranchement de Mwene-Ditu, avec la SNCC pour le transport combiné rail-route. Un représentant de Zhong Xi, Divin Tshimanga Mukadi, a affirmé que les études de faisabilité étaient terminées et que l’exécution suivrait « dans un bref délai ». L’ACP ne donne pas la longueur de la ligne.
Ce que cela change pour les producteurs
Pour les paysans du Lomami, trois choses détermineront si le titre de grenier agricole se vérifie : l’accès régulier aux semences et aux engrais, la possibilité de transformer sur place, et des voies pour acheminer les récoltes vers les grandes villes. Les annonces rapportées ici couvrent ces trois volets ; ce sont les résultats des prochaines saisons, rendements et volumes vendus, qui diront jusqu’où elles sont tenues.


